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| Et j'écris dans ce bar par Georges Cuffi |
Et j'écris dans ce bar devant ma bière morte
Aux volutes bleutées de mes bouffées brouillard
Voyeur des mots des autres attablés anonymes
Fragments bribes brisées mosaïque de bruits
Et j'écris sur la page arrachée d'un bouquin
Griffant le gris grenu du papier série noire
La fille du patron joue avec l'amitié
D'un épagneul brun triste à l'il de fin du monde
Sillages sur l'asphalte à perte de regard
L'aventure de l'heure au travelling des rues
Le film est permanent passent des autobus
Trimballeurs de destins aux arrêts arbitraires
Je me fonds au décor de ces respirations
De ces pas anarchiques et de ses croisements
De vies quelconques sauf pour qui les met en gestes
Que de rêves enfouis dans tout ce mouvement
Une canne qui porte un infirme à lunettes
Une fille qui traîne un effluve d'orient
Un gamin orgueilleux comme un commencement
Un vieillard étonné de ce pas devant l'autre
Puis le crépitement d'une autre cigarette
Enveloppe de brume un bout du temps vacant
C'est un moment perdu que je fige au stylo
Et que je chanterai les soirs où l'on m'écoute.
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Georges Cuffi |
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