Eh, Leo, tu es là ?,

par Georges Cuffi
 

Tu es né par hasard comme naît la bourrasque 

D'un ventre fécondé dans le strass monégasque 

Et ta vie qui choisit les chemins de traverse 

Ces semailles en toi que tu pressens qui percent 

Une comète un jour fulgura dans ta tête 

T'ouvrit la dimension où chantent les poètes 

Et tu déambulais dans les contrées bizarres 

Où les mots s'alchimisent aux friches du hasard 

Tu as gueulé misère dardé le drapeau noir 

De l'anarchie qui chie sur tous les étendards 

Avec cet an Dix Mille au fond du désespoir 

Et ta pute océane arpentant les trottoirs 

Crinière de lion neigeant sous les projos 

Planté droit dans le cri tu feulais vieux Leo 

La plainte des marées et la mélancolie 

De ces soleils brisés aux récifs de la pluie 

Tes enfants sont partout partouzant la Chimère 

Arpégeant comme toi le spleen de Baudelaire 

Avec le temps qui boîte un chemin sans balises 

Avec ces lendemains où les contours s'engrisent 

Les orphelins de toi de ta chair de ta moelle 

Aux portes de secours battant sur les étoiles 

Guettent la galaxie où tu as mis les voiles 

Boivent à l'âge d'or aux tavernes du doute 

He.Leo.Tu es là ?.UN DERNIER.POUR LA ROUTE !

Georges Cuffi


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