J'étais là dans mon Sud de France
Planté de toute éternité
Dans ce faux transit en souffrance
De Nice à Nice mon quartier
Ballottant mou la nonchalance
Au grès des vagues clapotées
Le ballon rond pour toute transe
En rouge et noir surexcité
Solex sillonnant la stagnance
Seigneur de l'immobilité
L'asphalte engluait mes errances
Aux feux rouges de la cité
Mais toujours la tête en partance
Coupée du corps décapitée
J'ai voyagé les mers immenses
Des mots traqueurs d'éternité
La Fac et mes chants qui s'élancent
Sur les poètes exécutés
Je peuplais ma non existence
D'accords et de voix percutée
Les bars et la bière et le rance
Des retours à clef chuchotée
Dans la chambre et la connivence
Du frangin au lit d'à côté
Enfin l'île de l'évidence
L'amour à rires éclatés
Parfum d'Espagne et de Provence
Et deux futurs à inventer
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Et puis vingt ans de convergence
Dans les yeux clairs de l'amitié
Et les copains de l'âge dense
Qui peuplent le temps d'exister
Mais soudain se durcit la danse
Plancher disjoint lames écartées
Il va falloir lâcher l'enfance
Sangler le cuir brut et lutter
Nous sommes de lointaine errance
Nous sommes d'un rêve avorté
Nous survivons dans les stridences
Dans nos dérives démâtées
Nous sommes de lointaine enfance
Dans les hasards des dés jetés
Aux soubresauts de nos balances
Calculant les temps à chanter
Paquets de mer en jets de lance
Dans nos coursives dévastées
Et nos décades en décadence
Ecopant leur trop plein d'étés
Alors blasphémons nos outrances
Et gueulons nos chants révoltés
Au bord de la grande partance
Nous ne nous verrons pas
SAUTER
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