Nuit une

par Joë Ferami


N'est-ce pas le jour,
dans le ciel
et la vie,

qui repose
au joug du soleil.
Mais la nuit

 quand la faux tue
tout ce qui fut,
un lavis

 noir apparaît.
Est-ce un sang,
sombreur qui luit?

 Affûtée
dans le désir
des chairs en transe,

 sous la lune
endormie
transparaît l'hypnose.

...

Flamme glacée
des blancs cachots
du mal être,

il est nuit,
et tout nous sépare,
je le sais.

 À quelle âme
il sera donné
de se connaître?

 Cadenassés
au secret
des corps appris,

 les songes mort-nés
s'étiolent
harassés.

Il y a
le silence
empoignant l'esprit

...

Dans cette denrée
je me gorge
affamé,

 m'écroulant,
hors de toute atteinte,
à l'écart.

Je bois son air,
et sa froidure,
arrimé

à cet obscur,
au non-ciel,
ancre ou brouillard,

je suis là,
est-ce la source,
perdu sans trace,

toujours là,
coeur battu
ouvert à l'espace.

...

Quel est ce goût
las dans la brume?
Ne plus être!

S'annuler
dans l'opacité
des écumes,

se blottir
dans cette envie
de ne plus naître,

quel est ce goût,
cet écho,
qui entre en toi?

Est-ce cette mort?
La vigueur
de la lame

a des mers
la saveur
qui brûle et te noie.

Joë Ferami



                                                  
                         

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