(c) Mari Mahr

Notre temps

de Alain Serge Dzotap

 

Notre temps s’appauvrit

Cambriolé par le doute

Les mots ne nous habillent plus de vertige

Nos gestes n’inventent plus

Le feu dans nos corps

Nous marchons nous marchons

Une étoile survit chaque jour dans nos traces

L’âge de nos baisers

De nos gestes

De notre parole

N’a pas assagi nos pas d’hier

La mémoire n’avait gardé d’eux

Qu’un peu de sable sec

Qui s’échappe par les mille trous de notre mémoire.

Nous marchons nous marchons

Collecteurs de grains de nos souvenirs

Pour calfeutrer le rempart fragile

Qui nous reste pour lutter

Contre la mort totale

De la tendresse.