(c) Mari Mahr

Parole trempée

de Alain Serge Dzotap

Regarde

Ici, me cerne le feu de dire

Et de plus loin encore, accourent les bêtes affolées.

Je t’écris

Je remplis l’espace entre la lettre et le poème

Pour que les mots te disent autre chose que l’absence de la parole.

Je te parle

Je rapproche le mot du corps

Pour que la distance ne se faufile plus

Entre les pas et la langue.

Et d’une lettre à l’autre

E d’un poème à l’autre

Je construis une parole trempée

Pour que revenue de ton exil

Tes pas fuient les chemins de départs

Toi, cosmonaute qui désertes ton corps

Pour te protéger des paroles mensongères.

Demain j’aurai peur de ta mémoire.