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Ils
sont assis côte à côte sur
les premiers sièges de l'autobus 21
Ils ne se parlent pas
le regard étalé dans l'espace
sans limites
de la ville en juillet
où toutes les silhouettes s'effacent
se fondent en taches vagues
car le poids des misères
rend l'il indifférent.
Il songe au temps improbable où elle était
belle encore
où il était jeune, l'auriez-vous cru ?
Ils ne savaient pas lire l'écriture
invisible du Grand Livre du Styx
où des comptables sans âge
font machinalement la part du meilleur et du pire.
Elle est
tassée sur son siège
amphore endormie au creux d'un océan
d'ennui
soumise sans révolte
sans pleurs
sans cris
à toutes les flétrissures
à toutes les meurtrissures
reflétées sans pitié
dans les yeux sans désir
de celui qui l'aimait
au sang qui se retire
marée définitive
de l'automne indécis
où se rident les roses.
Il fait chaud.
Un vent tiède
caresse les visages
le chauffeur siffle
une vieille rengaine
et l'air tout alentour
vibre
dans la torpeur mystique
de midi
où l'on a dans le cur
la certitude exquise et banale
que l'on va bientôt mourir
et que, tout compte fait,
ce sera facile.
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