| Robert
CUFFI Vue sur la mer
Aller sous un ciel lourd gavé d'icônes grises
Gravé dans l'air du temps épongé de chansons
Prendre le goût du jour la nouvelle imprécise
D'un vol d'huma-dimanche aux branchies des poissons
Aller les bras ballants détailler mes entailles
Détacher de la nuit un plan de vive voix
Orner d'une araignée un verbe de mitraille
Oser me faire dire les amis de parfois
J'avais des souvenirs battant pavillons gris
Une allumette humide sur le mégot éteint
Une envie de rature au bout des parti pris
J'avais pour passer l'heure un humour aquilin
Aller dans les pliures de mes chansons ratées
Passer l'âge et la main pour flatter mon enfance
Articuler les billes d'un refrain trop chanté
Aller droit dans le dur dans l'angle de l'absence
Aller vers le supplice de façade salée
Vers l'enfance intriguée de silhouettes maigres
Et de fraude et de force à l'univers d'été
Désosser le bilan d'une balance intègre
J'étais l'enfant sous cape à l'écoute à sa place
Sacralisant le soir de ce port mauvais sort
Fermant les souricières d'influences de traces
J'étais chemin de fronde à payer le prix fort
Aller vers le domaine du poème écaillé
Au sursaut de l'abeille saisi dans son raisin
Une image égarée de saison murmurée
Aller sarment serré jusqu'au soir dans la main
Aller vers la maison en première intention
Reflet d'un port vidé de galère certaine
Souffrir le mécanisme en dernière émotion
Ramer sur la guitare des larmes de rengaines
J'avais des morts venus de toutes les fenêtres
Un grand livre à signer sous la porte cochère
Un escalier craqué et des murs de salpêtres
Une rampe poissée de crasse vers la mer |