Une étrange contrainte que le temps
nous souligne. Ce lent équarrissage
dans des pâleurs sublimes. Je l'ouvre
quand, cette bouteille, avec ce
vieux tango sur le bandonéon d'un
nouveau Buenos-Aires? Je décapsule un
monde. Tout ce dedans tonitruant.
C'est un monde vous dis-je. Une folie
de vague, de départ et d'épave. Le
reste, tout ce qu'il reste de l'âge
clair, je t'en fais un paquet avec
mes initiales. Un paquet, à n'ouvrir
que bourré, suicidé d'extra-light.
Je n'imagine rien, juste la mise en
scène d'un théâtre choisi. Avec la
vie, en vieux serpent claquemuré dans
des musiques. On n'ouvre jamais rien,
le tien, le mien, cette même
rengaine au refrain introuvable. Une
lettre à la mer, comme un oiseau
sans îles, un passage broutille et
rien d'autre dedans. Je te le donne
en libre pour fusiller la forme. Je
mettrai sur la fin un dédain
planétaire, pour faire briller l'acteur.
La voix sera posée, la musique
sans âme. Alors, avec emphase, furtivement
aussi, nous les disposerons
ces cendres. Bien sûr avec nos rares
forces, nous essaierons un
contrevent pour un rire à l'envers,
une musique sale ...