"
Je suis ouvrier d'informatique, j'écrivaille que vaille la nuit quand
mes amours s'endorment
Je veux etre auteur un peu, compositeur trés peu
Je vis dans les mots de Jean Vasca, de Bertin, de Ferré,
de Desjardins, de Vigneault
Je suis Catalan-Niçois et je vais, au casque pour n'emmerder personne
écouter la mémoire et la mer "
...
Le silence, je le sais de toute éternité, c'est le confort.
L'écriture c'est
le paraître, pleine page griffonnée ou sur l'écran désespérant.
Je tourne dans le jeu, sachant qu'il ne faut pas, mais le faisant
quand même.
Et là, le jeu reprend et puis la phrase tourne, réussite affective
et
échec social.
Je ne présente rien qu'une vie baliverne, un écart qui me plaît,
avec le
temps qui passe. Je sais que rien n'est beau, qu'un jour tout se détraque.
...
Ca ne va pas durer, j'irai tricher ailleurs, vers une autre fratrie."
Les poèmes de Robert Cuffi ont le "regard
titane".
"Entre figue et raisin entre sucre et amer entre rage et amour",
ils
empruntent en nous des routes traversières, ils dessinent des lignes
aux
contours oubliés. Le chemin nous est familier pourtant, qui dit la
merveilleuse absurdité de vivre.
"Ecrivailleur râleur hurleur de fond et puis ..."
...
et puis l'émotion de ces mots dans l'encoignure du silence, coeur
contre
tripes et phare aux yeux.
NATH
Ni rassurante ni docile
La nuit me colle à la présence
Dans un silence en bout de ville
Avec de rares mots d'avance
J'ai des retards sur mes hivers
A calculer quelques métriques
Loin de l'école passagère
Dans mon vieux crâne mur de briques
De la ruelle aérienne
Je ne retouche que des balles
Avec ma mère à la persienne
Pour éclairer ma tête sale
La vie serrée dans ma carlingue
J'avais le silence à la proue
Bien à l'étroit au fond des fringues
Rêve élimé coureur de flou
ou l'épicier du coin de rue
Ou le port gris de la fenêtre
La tramontane que tu as lue
Raconte moi ce qui allait naître
La télé grise chaque soir
Le bouquin noir aux lettres jaunes
Un jour d'hiver la série foire
L'intrigue casse et abandonne
Et je me tourne chaque fois
En refaisant le tour de l'île
Le café tourné mille fois
Dans l'aquarium du centre ville
Dans le salon frileux et rond
Tu étais fleurie de temps en temps
L'écrire encore me coule au fond
Sentant venir l'effacement
Je fuis vers la chambre en chantant