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| Nacre
et ambre (p.113-114) extrait du roman d' Anne-Claire
Cornet
Editions Luce Wilquin |
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- Je continue ?
Claire fait signe que oui. Elle écoute Lise sans l'interrompre. Parler couperait le filet
mince, irrégulier mais continu. Elle veut dégrossir le bloc du silence avec elle
Sans le vouloir, le sculpteur blesse la statue qu'il recherche dans le bloc de terre ou de
pierre, parce qu'il ne peut savoir à l'avance la jeunesse de son cou, la tendresse de ses
cils, le parfum de ses ongles. C'est pour cela qu'il sculpte lentement : pour chaque coup
dans la pierre, chaque pincée dans la terre, il faut de longues caresses. C'est pour cela
aussi qu'il se tait, pour laisser surgir.
Et Lise parle, défend ses projets devant Claire qui se tait et écoute. Elle dit des
choses évidentes, dessine des contours, construit un espalier pour se hisser, des bornes
qui tracent un chemin. Claire la laissé énumérer et trouver dans l'énumération une
logique qui mène à la conclusion.
- Te laisser te retirer, alors ?
Lise lève les yeux :
- Claire, je ne savais pas que cela se terminerait comme cela
Je n'aurais jamais
dû te faire rencontrer Liam.
- Lise, non. Peu importe qui a donné le coupe de soufflet. Le feu a pris. C'est arrivé,
et maintenant c'est. C'est arrivé avant de savoir pour l'enfant. Et quand l'enfant s'est
annoncé, l'histoire existait déjà
Les bûches ont flambé joyeusement, c'est
bientôt l'heure de la cendre. Ce n'est la faute de personne, c'est l'histoire des feux
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Anne-Claire
Cornet |
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