Elle bêche un rayon de soleil qui jamais ne finit ; elle y laissera sa peau. Son cri d’amour balbutié subit nos lois physiques. Impubère, et pourtant si proche des espaces orgueilleux, elle comble nos vides. Son corps gracile et doux plaît aux petits vieux au crâne maigre. Ô sublime privilège qu’ils ont tant espéré ! Sa vision du monde et des portes closes fait pousser les champignons blancs. Elle étreint le feu et les comètes : c’est sa force vive ! Ses dunes, sans autre critère que d’être débâcle des sens, c’est un coup de pied au ventre, un désordre à contre-flots. Elle dévoile les voiliers, tandis que les pêcheurs fraternels font des effets de torse. D’où vient cette attirance pour les miroirs ? Haïrait-elle à ce point la poussière ? Qu’importe les fleurs puisqu’il y a le sable. Et ce trouble intérieur qui est gouffre des mers ! Il rompt l’énigme de l’eau-forte de l’âme. Ses mains se précipitent dans le pain chaud du jour bien avant que sa bouche soit prise. Elle boit la sève de l’arbre de vie, mais l’eau sale n’en restera pas là ! S’ouvre sans préjugé aux mille et un secrets de l’Univers, confie sa destinée aux grands vents qui lui prédiront ses désirs. La parabole que lui enseigne le coq de roche l’incite à braconner les lisières du champ libre. Serait-ce le chemin qui mène aux blés mûrs ? Aux arachnéennes, mais troublantes caresses des coquelicots ? Que d’un pareil bonheur n’a-t-elle point rêvé ! Les cieux l’ont exaucé ! Elle est plus belle qu’une abeille née de la même lueur que l’aube. Il fait grand jour, j’engloutis son cœur avant de me pendre à la poutre des songes jusqu’à ce que légende s’ensuive. Le veau gras qu’on écorche, les algues émotives loin des rivages, la rengaine des oiseaux qu’on électrocute aux cerises des bois doivent l’émouvoir devant son éventaire aux fruits merveilleux. Elle se dénude, traverse l’horizon d’un battement de cils et envoie le sang rouge dans le corps inerte et subjugué des fous.