Une photographie de Mari Mahr

Le poète endormi

de Charles Colonna-Césari

Sélection de décembre 2004

 

Le marbre en profondeur d’ores et déjà déchu

Dévidant du miroir la veine en sa noirceur

 

Et cet étonnement du poète éperdu

Dans l’ombre devinée d’une ingambe torpeur  

 

Inclinant sur les signes épaulés et furtifs

Le pendule alangui des converses langueurs

 

Pas à pas seul enclos dans les cernes plaintifs

D’une hiverne cachée des termes d’en douleur

 

Dans la brèche où transhume une aimante parole

Sur des lettres aphylles d’usage décadent

 

A l’envers du décor qui de rimaille encolle

Un cèdre du langage aux résines du temps

 

Sur le lit défeuillé des palustres réveils

Dont regorge le sel des lunes de phosphore

 

D’un homme qui s’endort rien de moins que le ciel

Et le vaste appareil de ses branchages morts

 

De celui qui t’aimait garder la patience

Et n’être que d’icelle la même résonance