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Mon
front sessuie sur le métal encore chaud du soleil
Et
jai des souvenirs de vieil aérolithe
Nos
différends nos désirs défroissés
Détranges
lymphes originelles
Quand
lombre triangule
Un vent sale aux confins de ma nuit
Les
appâts du réel de nos sens en pâture
Le plaisir endogène
La douleur à sa mort décharnée
Ce
grand corps décrié de mortelle substance
Pas
même en apparence tirée à quatre épingles
Devant sa fronde immobile et tendue
Jattends
la vie sans impatience
Jen ramasse les bribes les poches de hasard
Lespalier
de nuages ouvre la connaissance
Dune
marche aux flambeaux les derniers voyageurs
La
parousie naissante
Cette
orbe quaternaire et ses hordes dressées sur nos lentes détresses
Sur
la douleur de chair de lame et de tisons
L'aspect
de cire
D'un
monde en majesté
Ce
champ divraie de soif et dordalie
Près
dun calvaire de cordes et de chaînes pendantes
Des
charretées de boue
Les
fourches de nos larmes
Les
suaires deau de lune dans le sang dorient
Et
ton visage bleu qui se ferme au clinquant
Cherche
sans fin dobscures pariétaires
Sous
lherbacée senteur des défuntes amours
Jattends
que dautres bourreaux viennent
Dautres
semblants didoles étendues sur les rives
Jusquaux
pierres levées des landes millénaires
Et
la lointaine veille des chlamydes bleutées
Pablo
Je
viens des bouches argentifères dun horizon muet
De
ces roches insatiables du vent
Des
terres de laraucan
Du
son des conques et dun lointain mural
Je
viens détranges certitudes
De
leur mine enfouie
De
ce don naturel ta présence finie
Je
viens de lautre mort qui sétire lentement
Dun
grand poumon des terres quempile le soleil
Sur
les cales des soirs les cageots de couleurs
Les
grands oiseaux dattelles
Les
chiens dombres brûlées
Je
viens de la morsure dune mauve douleur
Des
entrailles des fruits
De
leur jus de papaye
Sous
les larges chapeaux docelles et de pépites
De
lasphalte au sang noir
Du
cadavre des rues
Des
arches de mes ponts
De
mes vergers de rouille
De
ces jardins dabside aux vitraux de lucioles
Je
viens des chrysalides à ton heure endormie
De
ton havre secret de douves corallines
De
londoiement des eaux qui démêlent les cris
Les
pleins et déliés dans la traîne du jour
Et
ne reste plus rien que mon cirque
Pablo
Que
le rire souillé
La
plainte et le débris de la parole aimée
Tout
mon cur déchaussé qui se traîne et se
prend sur le vif et ne voit plus la piste et ne va pas plus loin
sur le fil équilibre
Un
temps qui se faufile a tendu ses filets de draps dor de trompettes
détoiles un ciel de chapiteau troué des cimiers
de fougères létincelle de silence le nez rouge
des fruits des astres sans sommeil
Un
temps dhorloge basse de pages violines
De
mélodie de cuivre au sucre des parfums
De
lencre et de la cire du jardin seul enclos
Des
frondes et de lentaille où verdoie le soleil
Voici
venir le temps qui ne délaisse rien
Le
temps des volets clos près du fleuve endormi
De
la rive au lent cours le précieux métal
De
ton corps qui senfuit le fortin péristyle
Sur
la courbe des sens et la ligne du dos
Le
geste de tes mains emmêlées du soleil
Sous
ce plaisir se pâme à dautres rais danseurs
Le
sol tiède et cet isthme argenté du sommeil
Voici
le temps qui sarrête à mesure
Du
dédale de mon cri dasphalte et de césure
Je
peins je vogue en sa fêlure
Au
grand largue du chant de lire entraperçue
De
létrange hyménée des vergues du langage
Aux
monstres désirables dharmonies lingères
Du
lent repli sur soi des châles de draps frais
Dans
le cercle dopale aux lumineux danseurs
Voici
le temps qui sarrête à demeure
Las
du domaine altier des songes
De
cet air vague à lâme
Et
des patiences à tordre lombre
Les
grandes harpes au bleu délytre
Les
palmes aux mains de figue
Et
du pourpre désir au suave solitaire
Le
soleil prend du gîte au centre de carène
Horizon
rouge lise dun dévers de ma nuit
Dun
papier de lunules à lencre indélébile
Des
murènes et gorgones enlacées
Près
du disque endormi le sérail
De
cet instant de terre et d'alun vespéral
Ton
cur infranchissable
Et
du rivage sang l'écueil
Près
de ma source noire un débris du soleil
La
courbe et la pâleur dune île à la dérive
Sur
mon volcan divoire de perle et de pastel
Dans
mon rêve tropique où ne séteint jamais
La
lampe du sommeil sur lorient perdu
Du
bleu de Samarkand aux minarets de psaumes
Létrange
suspension des sables de lhégire
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