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Il
me reste la pierre de la source tarie
Lempreinte
de ta bouche et le ciel de tes yeux
Cet
être minéral épure dune lumière
De
la taille des nuits doù jaillissent les mondes
Et
les joutes perdues sur les eaux souterraines
Ont
gravé le calcaire des ténèbres origines
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Mon corps retenue deau
Tout altéré dun mal inerte
Le ciel tombé sur leau
Et toutes ses planètes
Tout un monde dépaves
Tout un mobile figé
Sur linfinité plane
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Vaste
terre de mon cur où sallonge laimée
lincestueuse douceur
Limmensité
de ma détresse lente
Dessine
sur les eaux
Cariatides
abyssales
Les
filets tristes du bonheur
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Je
cherche la sur souriante
Née
du lit même où sagrandit la tâche
La
rivière souterraine dune grotte calcaire
La
gerbe déliée dune double naissance
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Combien
de cigarettes au filtre rouge à lèvres
Bécotées en silence sur la table bistrote
Et
la grasse monnaie éparpillée sans tache
Sur
la note serrée de cet amer café
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Et
des milliers déléphants blancs
Drapés
dans la soie orientale
Au loin défilent lentement
Sous
les fardeaux du bois santal
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Mon
cur reste mon cur dans la geôle des jours
Sur
la ville étendue marche un passé naufrage
Un
souvenir bancal prolonge les amours
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Il
faudrait que le ciel nous offrît ses planètes
Et
quun seul grand Babel magistère sidéral
Parvint
à rassembler les hommes pour la fête
Les
hommes à dautres hommes univers idéal
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Aller
près de toi
Dans ton empreinte et à ton rythme
Avoir
seul en toi
Ma
place et tous les sens
Puis
regarder descendre
Sur la voûte des eaux
La courbe de tes jours
Séloigner
et sétendre
Près de lîle emmurée
Le
faisceau des vigies
Sans
la moindre rancur
Perdre
de vue lointaine
Le cur de ton galion
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Sur
la ville endormie devinée par ses feux
Scintillent
blancs flambeaux des armées en partance
Vers
les collines douces et les destins pluvieux
Dune
aurore allégée de précieuses laitances
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Jentends
couler le temps qui capte un promeneur dans la ruelle lente
Et des lambeaux de nuit senroulent dans mon âme
Dans
mon âme qui roule
Dinsondables
tristesses
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Tels
de marines oriflammes
Les
grands lampas des algues laminaires
Ondulent
lentement dans lagie des couchants
Regarde
scintiller ces feux lointains
Penché
sur ce qui reste
Des
vies océanes
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Je
fouille un souvenir sans ordre et sans valeur
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Je
goûte tout mon sang
Sur
tes lèvres fécondes
Où
se pose un oiseau
De
sa mort toujours tiède
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Ma
mémoire sirriguait à mesure comme une eau lentement
monte du même lit
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comme
un sang sépaissit
depuis
lheure où jai mal
les
grands poulpes du ciel
dérivent
sur leau noire
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jai
dû perdre ma route à lordinaire dun soir
ou
du jour mal éteint
sur
les flammes dun chant
qui
foulait lherbe haute
aux
pieds du goudron chaud
à
mi-jambes dun pont trébuchant sur la ville
distribuant les heures
immuable
détresse
au
cur du chantre qui sest tu
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