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La montagne a caché le soleil de la plaine,
Le ciel devient sombre et boudeur,
Fait la grimace et verse un pleur.
La montagne a caché le soleil de la plaine
C'est temps d'orage et de malheur.
La plaine a secoué les toisons des mélèzes
Qui gémissent sous l'ouragan.
Entrant dans la ronde des vents
La plaine a secoué les toisons des mélèzes.
Jupiter rit. Tonne le temps !
La montagne a volé le soleil de la plaine
Et l'a glissé sous ses bonnets
De nuages gris et follets.
La montagne a volé le soleil de la plaine
Et se sont tus les sansonnets.
La plaine a frissonné de toute sa parure
De mauve et d'or, de rose et bleu,
Fleurs de lumière, éclat des yeux.
La plaine a frissonné de toute sa parure,
Le gai pinson devient sérieux.
De longs suaires d'ombre ont masqué la montagne,
Veuve de ses étés perdus
En défoulements saugrenus.
De longs suaires d'ombre ont masqué la montagne :
Les coucous même se sont tus.
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