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Écoute le silence, il est strié de voix
douces, fluides, mystérieuses,
petits éclats brillants se heurtant dans le vent,
petits rêves surgis d'un berceau vagissant,
ode à l'Amour, ode à la Foi
et je t'adore,
ô Sortilège !
Écoute les moissons où s'enfilent, suaves
les voix de tant de blés engrangés cet été,
de tant de projets fols évacués vers le vide
des sursis de demain
tout roussis de nos veilles,
Hymnes du temps repu, du temps blasé,
je vous porte en mon sein,
fragiles survivances
de mes émois vaincus.
Parmi les fleurs de nuit et les fruits du matin
l'aube s'est étalée en grands cercles paisibles,
les contours d'aujourd'hui viseront d'autres cibles
pour buter nos désirs,
mortifier nos chagrins
Et tandis que s'éloignent, honteuses, souffreteuses
les illusions aux mille bras
fantomatiques, j'écoute, mystique,
confluer vers moi les sublimes voix
de la PASSION qui enfanta le MONDE!
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