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J'ai recueilli ce rire et l'ai couvé en moi
depuis des ans, des lieux,
depuis des horizons
de solitude.
J'ai recueilli ce rire,
gris d'équivoque,
lourd de mépris
et le Ciel chavira, dispersant ses étoiles,
minuscules baisers sur des steppes glacées.
J'ai recueilli ce rire, il grandit avec moi,
bouffi d'orgueil, de suffisance,
égratignant mes os, burinant mon cerveau,
ce rire mutilant qui raille et qui dénigre
et brise en un instant l'idéal effleuré.
je l'ai couvé en moi dans son cocon de fiel,
de moisissure.
Lui seul était réel, tout le reste imposture.
Il a grandi, mûri, éclaté en sarcasmes,
ce rire persifleur qui d'année en seconde
transperçait d'une fronde
mes phantasmes adolescents.
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