Cela commence à l’heure où se lèvent les brumes
Quand le chant des oiseaux fend la membrane du silence
Qui se referme derrière eux
Si nous demeurons et contemplons sans peur le voyage va commencer
Nous glissons sur l’eau de l’asphalte dans le chuintement humide des jours d’après les pluies
Rien d’autre ne nous parvient plus
Que le jeu des rayons diffractés du soleil,
Levant des ombres inconnues et des mystères que le cœur traverse en passant
Sans trace ni blessure rien n’est saisissable
Ici la beauté se dilue dans le temps, elle est matière changeante
La nostalgie repasse au rythme de nos roues
Nous demeurons, tranquilles, et elle est déjà loin,
Nous restons immobiles et l’esprit se fait souple
Nous sommes un espace traversé des ondes,
Des modulations de la vie
Nous roulons à présent dans le monde des hommes
Ombres furtives aux gestes interchangeables
Rien n’est certain de ce qui est, même l’évidence des simples
Ni l’enfant nu qui court vers les bras familiers
Et la tendresse est vaine et pourtant
On la joue et rejoue sans cesse, tel un refuge
Êtres fragiles vous allez, lestés de vos pas illusoires
Mais déjà dans ce rythme sans fin le jour décline
Vous êtes silhouettes au loin et puis plus rien
Et le silence retombe sur vos murmures indistincts
La nuit étend ses bras sur nous
Nous lui laissons nos mains les yeux ouverts
Car tout cela ce mouvement n’était qu’un rêve
Et nous glissons dans l’espace déchiré de lumières, sans jamais douter
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