Si je sortais, ce soir, aux
conjonctures denses, je trouverais la nuit sabreuvant des traînées de lactance
égouttées aux mamelles du bois, pour immerger mon corps dans son épaisseur
dombre,
et les pieds nus, entame des layons.
Et je menfoncerais au milieu des haillons feuillus de mon enfance, jirais
jusquau Principe où germe toute essence.
Je me coucherais sur ta peau, ô ma terre ignifuge, où, ventre contre ventre, nous
creuserions le centre comme lhumide accord des grottes en berceau.
Ô ma géante tutélaire ! mon corps senroulerait au point de lInitial
où tu mengloutirais
et ta boue coulerait et sur mes yeux et sur ma bouche dans le dernier effondrement.
Junirais mon sang à ta lymphe et tu le sucerais par tes mille ventouses
par tes rivières inhumées et les sanglots de tes blessures pour accomplir lenfant
qui fut privé de chair,
Ô ma terre dembrasement !
Ô ma dernière Mère ! |