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Mon pays nu gorgé de cent mamelles en
posture de femme livrée à cent dragons,
Mes escaliers de géant famélique griffé
de mille et cent souffrances séculaires, mes faïsses nourricières !
Mon pays aux parcours égarés dans les
nuits blanches de ses fils, de tous ses fils arrimés aux galères
Et de haute lutte partis sous les lanières
des bourreaux
Et les femmes de la maison, jeunes et
vieilles, quon arrachait aux lambeaux des champs,
Fières aïeules déportées vers les terres
salines,
Jai lu vos noms sur les murs de
la Citadelle
Et jai visité vos prisons.
Servantes du Jardin au noir bleui de
vos paupières
Servantes aux mains fortes nouées sur
des épaules.
Ô mon pays proscrit ! mes cimetières
horticoles, mon pays de rude mémoire
Où je me coucherai à lombre de
mes pères.
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