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Par les cristaux de mes rêves
J'ai mordu tout l'amer
J'ai respiré le monde où tu n'avais que l'herbe de la mer
J'ai senti sous ma peau dormir l'ombre des terres
Et je me suis assise
J'ai attendu l'hiver.
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Il fallait pour gravir la chasteté de nos chemins,
Il fallait ouvrir tous les livres
Il fallait frôler les voix ivres
Saisir les brins, mordre la paume de nos mains
Il fallait tant de nos ornières
A meurtrir le pas des chevaux
A mourir nos pages dernières
A rester seuls
Si seuls ! et toi
toi, qui ne vaux
Que ce blanc néant du linceul !
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Automne
La feuille mange des oranges
En de menus grignotements
Les soifs de nos soleils gloutons
S'accrochent à l'ourlée des lèvres végétales
Avec ses moues d'amante
Et d'aliments gorgée
De toute sève
Saison d'encre
Où l'ombre se boit crue
Dans le plus haut silence
Les fossés dorment enroulés.
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Je suis terre et bouche du bruit
Je suis le sable parcouru
Je suis recès de la poussière
De tous tes pas
Courus aux failles de la pierre
J'avale avide tes sabots
Vivance bleue de ton reflet
De ta cavale
De tes labours d'incandescence calme
Circonscrits aux sillons
Effacement
Des sables
Où s'alourdissent
Nos venins
Je suis le sable parcouru
Réticence de la mémoire
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