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Enfants
coquelicots |
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Coup de projecteur, par Marie Bataille Textes
inédits Textes déjà publiés sur ES? Poèmes Pensée d'amour à la Albert Cohen Nouvelles La brigade des stup...ides
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Tout passe et tout demeure Maintenant que chaque mot a donné son ombre, l'existence ressemble à un corps qui ne sait plus la nuit. Les coquelicots jouent à peindre des regards pleurant l'eau souterraine. Et le mien, assoiffé, invente les îles de la roue du temps. Je cache ma clé de soleil et la pierre du voyage. Le monde est fragile comme un pétale de sang, et je sais chaque homme seul avec ses mains liées. Parfois, si on se laisse glisser au fond de sa trame, lorsqu'on découvre l'envers de la nuit, pour de vrai, on touche le cœur du tout. L'instant est un voyage au radeau duquel on emporte les précieux qui nous chavirent. On s'allonge chaque soir ou peut-être bien tard, et l'on sait que sous notre peau respirent les enfants de toujours, au chaud dans la maison de nos ventres habités. Ils sont les centaines de vies suspendues à nous attendre. Longtemps. Parfois, je les entends chercher l'amour en nous. Appeler. Ils sont les coquelicots, les êtres-fleurs du grandir en barrage. Je comprends maintenant que ma naissance se lève encore, et encore, comme une aube de joie sur la peau de la vie. En y pensant plus fort, plus loin, je m'approche du noyau. Et là, sur la mer, je rencontre l'enfant de toujours qui lave ses mains et sa soif à l'eau du soleil. Avec ses éclaboussures de lumière, j'écris. Il nous écrit. Ses lettres coquelicots deviennent les gravures vives des parois de nos mains. Mireille 2 février 99 - Szerelem -
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