Journées de réflexion et d'échange sur le thème de la "mise en oeuvre de projets artistiques"


Compte-rendu de réunions et réflexion proposée par Anaka

sommaire de la rubrique DOXA

Responsable de la rubrique :

Emmanuel Bing

bing@club-internet.fr

Interventions des 23 avril et 24 mai 2002

La démarche :

Mise en place de deux journées de réflexion et d'échange sur le thème "mise en oeuvre de projets artistiques" avec un débat sur la dimension éducative d'un projet artistique, et l'analyse des pratiques artistiques contemporaines pour un projet artistique créatif.

Les présents :

La Direction Départementale de la Jeunesse et des sports, avec l'appui de Jean-Marie Krosnik, Inspecteur de l'Education Nationale, ont invité les responsables communaux des affaires culturelles, conseillers pédagogiques, élus, responsables de sites culturels, tous impliqués dans la mise en place d'un politique jeunesse. Ont également été conviés trois artistes de la région annecienne, dont l'intervention permet d'éclairer les mises en relation de l'enseignement et du monde de l'art, puis de mettre en application les réflexions soulevées. Chacun de ces trois artistes intervient dans trois domaines particuliers : L'écriture avec Anaka, écrivain et plasticienne, La musique avec Patrick Devers percussionniste et compositeur, et le théâtre et les arts plastiques avec Jacques Quoex, réalisateur et artiste également pluridisciplinaire.
Etaient effectivement présent une trentaine de participants, principalement conseillers pédagogiques, élus aux postes culturels, représentant des institutions culturelles du département

Proposition de contenu de réflexion par les organisateurs :

La mise en oeuvre d'un projet artistique est ici considérée selon trois étapes :

1.Connaissance des différents dispositifs favorisant le lien art et culture
Articulation d'un projet artistique avec les dispositifs existants classes à PAC (Projet Artistique et Culturel), Contrat Temps Libre et Coordination Jeunesse, Contrat éducatif Local, Parcours Culturel etcŠ
Articulation avec les autres partenaires : écoles, associations, communes, administrations de tutellesŠ

2 Mise en adéquation du diagnostic local avec les objectifs du projet, à destination des enfants et des jeunes.
Moyens et contenus liés à la pratique artistique

3 Réflexion à propos de la mise en oeuvre d'un projet artistique :
à partir d'une analyse des pratiques artistiques contemporaines, découvrir le processus permettant d'amener l'enfant à une attitude créative.
L'accent sera mis sur l'interactivité de ces disciplines à des fins créatives.

Les objectifs de cette journée :

- lister les différents dispositifs
- repérer les articulations possibles entre les différents éléments existant
- repérer les forces locales amenant un partenariat solide
- déterminer les objectifs clairs
- percevoir l'interaction des différents modes d'expression.

Globalement, la répartition sur ces deux journées comporte
- Une partie plus théorique le premier jour
- Une mise en pratique technique au cours de la deuxième journée

Suit ici un résumé de mon intervention au cours de ces deux journées,


Mon intervention consiste à présenter une réflexion sur l'introduction de l'art à l'école, selon une démarche personnelle consistant à retrouver son propre langage en trois phases d'appréhension du processus artistique, en particulier dans le domaine de l'écriture :
Ces trois phases sont :
Déstructuration
Ré Appropriation
Restructuration

Ce thème tripartite propre aux trois domaines artistiques présents, musique, danse, écriture, permettant de confirmer l'interactivité des disciplines présentées.

L'objectif de mon intervention est :
D'inciter à développer une attitude créative
d'insister sur la nécessité d'un partenariat pluriel, entre enseignants, artistes, et établissements culturels.
D'aider chacun à devenir des "partenaires pratiques"

La question de l'art dans l'enseignement

L'artiste ne pense pas mieux ou plus que le pédagogue professionnel : il pense différemment
La position de l'enseignant se situe dans un rôle d'accompagnement : Il est là pour convaincre de la nécessité de nourrir préalablement l'écriture.
L'expérience artistique permet une autre entrée dans la pensée : Il s'agit de construire un projet complémentaire entre deux aptitudes distinctes : Apprendre, et Inventer. Pour apprendre à réinventer

L'écrivain propose une vision, un univers : le domaine mental d'un créateur, sa façon à lui de voir le monde. Il permet de prendre conscience à chacun de son regard personnel, de son point de vue différent de chaque autre. Par sa nature, l'artiste permet de laisser accéder chacun par son propre cheminement.
Au coeur de la recherche permanente qui définit l'enseignement, l'expérience de l'artiste crée l'enrichissement de la pratique : oser prendre des risques et mettre en jeu l'individuation

Le travail d'écriture accompagnée, est à la fois individuel et communautaire : On écrit seul, et ensemble.

L'art apporte ce désordre, qui autorise une pensée : le CHAOS GERMINATIF.
Dans sa nature même réside toute la difficulté à l'intégrer dans une structure pré-déterminée telle que le monde de l'éducation, sans craindre les troubles.
Pourtant, l'art n'est pas absence de règles, mais structure avant tout.
L'art est un engagement physique : on crée avec les tripes.

A cette étape de réflexion, il paraît fondamental de rassurer en premier lieu l'enseignant, qui doit faire preuve dans cette démarche d'une double compétence pédagogique et artistique. C'est pourquoi il paraît important que l'artiste, tout en restant dans son rôle extérieur de "passeur de miroir", tienne compte non seulement de ses interlocuteurs, mais également du cadre dans lequel il opère.
Cela signifie de sa part, de savoir :
- Evaluer la personnalité et les attentes de l'enseignant, mais également ses perceptions artistiques personnelles.
- Evaluer les participants élèves, à la fois en tant qu'individus et qu'en tant que groupe dans leurs fonctionnement et leur réactivité.
- Connaître la nature des programmes de l'éducation nationale selon les cycles concernés, afin de venir renforcer un acquis plutôt que d'ouvrir à un apprentissage non encore évoqué.
Par exemple concernant le collège, l'accent est mis en 6è sur les pôles narratif et argumentatif : études de différentes formes de récit, et approche de l'argumentation orale. En classe de 5è et 4è , on aborde l'expression personnelle à travers la description, et oralement le discours explicatif. En 3è, ce sont les différentes formes d'argumentation et de récit qui seront prises sous les regards.


L'art est l'un des leviers pour cet apprentissage de SOI AU MONDE

L'expérience de l'art en acte dans le système éducatif est porteuse de désordre. Non-désordre de la pensée, mais remise en question de l'ordre posé. Ce qui ne signifie pas que l'ordre est absent de l'art, au contraire. Toute pratique artistique exige rigueur, discipline, volonté, persévérance. Découvrir une exigence comme une réelle volonté personnelle, et non à travers une demande arbitraire peu motivante.

Écrire à l'école, c'est souvent pour l'enfant faire l'apprentissage de l' abstraction de soi. Le propos est neutre et neutralisé. Il relate, retranscrit, récite, prend des notes, sans droit à la subjectivité.
Ecrire avec l'écrivain permet de retrouver un rapport autre à l'écriture : Il s'agit d'apprendre à réintroduire une pensée, l'exercice d'une pensée dans l'écriture. Redevenir le sujet de l'écrire, construire sa grammaire personnelle, et s'autoriser son écriture.

1ère étape : connaître la structure pour déstructurer le langage

Pour déstructurer sa langue il faut passer par l'apprentissage de la structure existante.
Pour désapprendre, il faut d'abord avoir appris. Alors seulement, on peut décider de réinventer son langage, s'approprier sa langue matricielle pour recréer son univers linguistique.

La culture livresque est une chose, la culture personnelle et corporelle en est une autre.
Écrire, c'est prendre conscience des outils utilisés pour écrire, et être capable de les réutiliser

Il s'agit ici de mettre à distance la langue dominante, la contrainte nécessaire de règle que l'on apprend en classe. Partir d'un domaine reconnu pour parvenir à un domaine reconnu. Entre les deux, le saut dans l'inconnuŠ

Partir de l'inconnu : inventer sa propre écriture
Aller vers le connu : l'analyse de l'écriture de chacun
Aborder le reconnu : la littérature

Dans cette nouvelle nécessité de trouver SON écriture, L'écriture devient une représentation du monde comme il n'a pas encore été représenté.
J'apprends ici et maintenant à décrire le monde du présent.

"La langue place avant la lecture, qui s'appréhende en même temps que l'écriture
Il n'est pas dit que pour mieux maîtriser la langue, il soit nécessaire avant toute chose de lire.
D'abord, il s'agit de parler"

2ème étape : Se réapproprier le langage

Les phases principales d'élaboration vont permettre :
- d'investir la langue écrite de l'émotion, l'épurer de l'appréhension intellectuelle
- de construire un langage chargé d'émotion, qui devient une invention propre

L'objectif est de se rapprocher d'une forme qui habite l'esprit, une vision que l'on a dans notre tête, qu'aucune forme prédéterminée ne saurait exprimer.
Apprendre à sortir de l'illustration, de la démonstration, dans la création d'une liberté totale, un langage absolu, jusqu'à l'invention lexicale

Comment ?
En se mettant dans un état d'émotion, et utiliser ses sens, yeux, odorat, sens tactile
Il s'agit ici de rompre la sacralisation du texte dans la recherche classique de décrypter les intentions de l'auteur


Exemples :
Langage automatique : des mots qui n'existent pas dans ma langue et qui pourtant me parlent
Langage signe : Des signes qui paraissent signifier de mots, mais qui les dessinent
Langage flux : textes sans respiration sans ponctuation dont le sens prend forme à travers le flot transformé en rythme`

Accéder au mot image, au mot incarné.
Des mots images : des images de mots

Le cadeau de l'opacité

Il s'agit de communiquer une argile verbale,(dixit Patrick Chamoiseau, auteur de "Chemin d'école, pour la langue créole et ses richesses")

Privilégier une approche sensible, émotionnelle, musicale, totale. La compréhension ne passe pas forcément par l'assimilation ni par l'intégration, mais par la capacité à se faire côtoyer des univers codés et différents, en essayant de les comprendre, de les reconnaître, de les visiter à travers d'autres vecteurs comme l'émotion, l'intuition. Être ouvert à l'étonnement, à l'acceptation de ne pas tout comprendre avec la tête.

Exemples : chez Novarina, Calaferte :
Plus on essaie de lire un texte mot à mot, plus on est dérouté
L'incompréhensible, l'irrationnel, l'opacité donnent accès à la magie, à l'invention de l'imagination
Il ne s'agit pas d'apprendre à communiquer à l'extérieur, mais avant tout de se rencontrer soi-même.


S'ouvre alors un espace de création, où je suis sans "prendre sur moi", sans contrôle, sans pouvoir
Une sorte de savoir prescient que l'on appelle aussi dans d'autres domaines, LA MÉMOIRE DU FUTUR
Dans le cas de ce que j'appelle audacieusement (sic...) l'écriture automatique : Ma main sait. En lui faisant confiance, je peux aller vers un décryptage intuitif.


3ème étape : Restructurer son rapport au monde

Selon Ponge, la littérature donne notre rapport, notre relation au monde

Utiliser la langue dans tous les domaines une fois que l'on se l'est réappropriée
Se laisser aller dans le flux créatif
C'est l'apprentissage d'un lâcher prise actif, où CE QUE JE SAIS cesse de m'appartenir pour élaborer sa propre existence
Dans l'écriture d'invention il n'y a pas de temps de correction, ni d'évaluation. Pourtant parallèlement, il est exigé un respect absolu des contraintes.

Ecrire avec ses émotions...
Écrire, c'est chercher sa propre vérité. Inventer sa vie par la poétisation de l'existence
L'é motion est le terme fondamental en matière de création. Accompagnée de la sincérité, elle permet de SE donner, de S'offrir à soi-même
Le premier stade de l'écriture, c'est la saisie d'une émotion, d'une sensation, et non d'une pensée.
Cependant, Sincérité n'est pas synonyme d'impudeur. Croire que l'expression de soi passe par l'aveu, la confession, le "coming out", la révélation impudique, c'est se penser dans le regard de l'autre. Mais apprendre à réinventer son langage permet d'aller à la rencontre de soi ; alors les révélations sont inutiles.

Écrire, c'est de la matière...
Créer une matière verbale d'abord, une argile verbale avec une forme, une épaisseur, avec laquelle on travaille ensuite le sens.
Des processus émotionnels créent la matière brute verbale
Des stratégies d'organisation, avec des portes ouvertes sur les surprises

Descendons dans le langage pour en savoir plus.
C'est par lui que nous apprendrons la réalité des choses.
Le réel est en choses, mais les choses sont en langage
L'esprit n'est pas le contraire de la matière, mais sa combustion, sa transfiguration.
L'esprit est une donnée de la matière.

NOVARINA

Ecrire c'est se relier au monde...
Chaque fois que le lien social est attaqué, le lien avec le langage l'est aussi, dans la perte de confiance en la parole de l'autre.
Sans confiance, les mots ne sont plus que des mots.
La première démarche consista à redonner confiance dans les mots et dans leur capacité à me traduire et à me relier au monde
S'il n'y a pas de confiance dans les mots, aucun lien ne peut se faire de façon durable.
Penser, c'est s'exposer d'abord à sa propre pensée et aux conséquences de cette confrontation = se découvrir, se re-connaître.
Le langage s'envisage ici comme construction du sujet dans son rapport au monde.


Le langage permet le JE du sujet, parce qu'il permet le JEU avec le monde
(Leslie KAPLAN)

Conclusion : de la nécessité de relier les espaces...

Avec la présence de l'écrivain dans la classe, lire et écrire sont introduits ensemble : Il est celui qu'on lit et celui qui fait écrire.
Dans cette optique, j'évite de parler d'atelier d'écriture, car cette démarche correspond plus à une mise en pratique artistique. Ainsi, je propose volontiers des ateliers "re-créatifs, où il s'agit de re-créer le langage propre à chacun à travers un projet commun. L'écrivain ne vient pas avec un programme préparé et un objectif à atteindre, mais avec des propositions d'écriture, liées ou non à des lectures. Il permet alors une ouverture d'un champ de perception non habituel pour les élèves, rendant vivant une lecture habituellement livresque.
Ce espace de création va se construire selon trois étapes :
1. à travers une réflexion sur les fonctions de l'écriture de soi, il permet dans un premier temps de réinventer son histoire et se re-connaître
2. Dans le récit de soi, il invite ensuite à "semer des petits cailloux, qui relient hier à aujourd'hui" (dixit Anne Roche)
3. Enfin, dans la double démarche d'Écrire et lire, il abreuve le puits pour aider à ne pas sombrer dans les limbes de l'égocentrisme

Offrir l'intime à l'universel....
Cette phrase écrite par Michel Field dans ses "Contes Cruels pour Anaëlle", définit l'absolue offrande de l'écrivain, alors que ses mots deviennent exactement l'expression de celui qui les lit...

Synthèse de la première journée : questions, débats, réflexions

Comment mettre en place des projets culturels et artistiques au sein d'une municipalité ?
sur le plan administratif
sur le plan éducatif

Débat en présence de conseillers pédagogiques artistiques et culturels,
du responsable du département au niveau artistique et culturel, Mr Gérard Subilo
de Mr KROSNIT, inspecteur académique départemental
de la coordinatrice du ministère de la jeunesse et des sports, Nadine Delahaye

Une des réponses : La création d'un plan pour les arts et la culture (PAC) répondant à une forte demande de la part des écoles, collèges et lycées mais aussi de la part des enseignants autant que des élèves
Actuellement en Haute-Savoie, des CEL (Contrat Educatifs Locaux) sont examinés par un groupe de pilotage, en partenariat avec différents organismes

Questions :
* Temps scolaire suffisant ?
* Nature de l'appétit : Nécessité de "faire bouger" les enfants :
Nécessité de muscler et d'épanouir aussi ses neurones
Montrer le chemin de la responsabilité individuelle
Développer la curiosité intellectuelle, un appétit
Choc émotionnel - accès à l'émotion

*Quel temps reste-t-il pour l'art ?

* Réflexion sur le clivage de définition enseignant - artiste.
L'intervention d'artiste est une démarche à différencier de l'enseignement artistique.
Problème de la qualification des intervenants : que demande-t-on à un intervenant artistique ?
Définir sa qualification pour lui permettre d'intervenir
Interactions nécessaires entre les structures
Nécessité de se sentir artiste pour faire accéder l'enfant à l'art.
Notion d'itinéraire, de parcours artistique
Capacité à oser, à être dans l'acte demandé, à s'autoriser à se penser artiste.
Dangers de l'objectif "Réussite à tout prix" : être dans le présent de la réalisation et non dans la concrétisation des travaux selon une échelle de valeur.


Synthèse de la seconde journée

Intervention basée sur l'idée d'une recherche de piste afin que l'enfant trouve son propre cheminement de réalisation personnelle
Il ne s'agit pas tant de construire l'enfant, mais plus exactement d'aider l'enfant à SE construire

Questionnement direct sur la pratique artistique de chacun.
La motivation de l'enseignant est la première étape d'ouverture à ce monde.
Qu'est-ce que l'art ?
Des réponses, en vrac extraites des propos des participants :
- L'expression de l 'imaginaire
- Une présence au quotidien qui se dit
- Savoir capter le rythme des choses
- On est tous artistes, tous les jours
- Une sensibilité particulière, une recherche personnelle
- S'ouvrir à l'inconnu qu'on porte en soi
- Le courage et la folie de dire sa vision
- Oser être dérangeant
- Une thérapie, un moyen de s'éprouver vivant
- Une fantaisie dans la vie de tous les jours
- Montrer autrement, dans un acte solitaire
- La contrainte et la liberté, un chemin studieux vers l'école buissonnière...
- Une non conformité, tous sens ouverts
- `Dénuder son âme
- Susciter une interrogation
- Etre en relation directe avec soi-même, dans une quête
- Etre soi-même
- S'emparer du monde
- Le courage d'être différent
- Un imaginaire en partage
- Un émerveillement qui provoque les surprises
- Etre présent à 100% à chaque moment
- Un lieu où l'inutile délivre le fondamental
- Une capacité à écouter et regarder, et à faire passer sa vision
- L'expression de sa part personnelle

Ma définition de l'art :
- Oser penser le monde, avec un courage qui donne aussi une grande force, dans une aptitude organique que chacun possède, et qui consiste à absorber, intégrer, digérer "excrémenter" : un processus viscéral qui déroute et dérange.

Qu'attend-on d'un artiste ?
partager son émotion,
susciter un ressenti,
éveiller une vocation

Question technique :
quel est le lieu de ressource, où se rencontrent les artistes désireux de faire partager leur vision, et les enseignants souhaitant introduire cette dimension artistique dans leur classe...


Deux journées en un mot-clé : Rencontre.
Rencontre d'univers qui se frôlent sans se pénétrer, se côtoient sans encore s'accompagner, deux univers où chacun à beaucoup à apprendre de l'autre, mais plus encore où chaque individu peut puiser en lui la source d'inspiration qui permet de faire passer à l'enfant cette braise créative, cette étincelle d'inspiration artistique avec laquelle il apprend chaque jour à ré-inventer sa vie...

Dans ce jardin fertile, l'enseignant propose les graines et les méthodes de pousse.
L'artiste introduit un chaos germinatif sur une terre de possible


Une illustration d'Anaka