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J'espère, chère Lise, que vous trouverez dans les lignes qui suivent plus d'apaisement que de motifs de tensions ou de tristesse. Elles ne sont là que dans le but de préciser une pensée, de poursuivre une élaboration, et non d'étaler quelque grief que ce soit.
Lettre en réponse à quelques lignes de Lise Willar dans un article paru il y a plus de quatre ans.
Chère Lise Willar,
votre dernier article, comme un adieu qui ne se voudrait pas dire, appelle, in extremis, ma plume pour une réponse tardive, mais pour moi toujours d’actualité, en ce que ce qui la motive reste vivant dans le système mondial, le réseau internet, et reste accessible aux ordinateurs du monde.
Vous citiez mon nom dans un article aujourd’hui encore accessible à tous. Pour dire votre désaccord avec l’un de mes propres articles.
“On va me dire que je saute du coq à l'âne mais à l'instant même où j'écris ces lignes me vient en tête et au coeur la critique qu'Emmanuel Bing a faite sur le dernier livre d'Alain Finkielkraut "Une voix vient de l'autre rive". J'ai eu mal en la lisant, non parce qu'Emmanuel a des paroles très dures envers l'écrivain, des paroles de dérision même, tout critique ayant le droit de juger selon ses critères, son coeur et son intelligence, j'ai eu mal parce qu'il fait un sort à notre devoir collectif de mémoire. Je ne veux pas dire par là que nous puissions tout nous permettre parce que notre punition a été telle que nous ayons droit au salut éternel quoique nous fassions. Je ne trouve pas ma légitimité dans la Shoah. Elle n'est pas pour moi une garantie d'intouchabilité. Je ne me sens pas le droit d'être ignoble et parce qu'on a détruit les biens de mes parents, parce qu'on a déporté quatorze personnes de ma famille, le droit de détruire à mon tour.”
Eh bien, je suis en accord avec cela. Et c’est toute la difficulté de mon texte, écrit comme dans une rage impuissante, que de tenter de situer une position viable, au moins pour moi, et peut-être de comprendre et de faire entendre mieux ce qui me préoccupait dans la position de Finkielkraut, comme pour bien d’autres.
Je relis mon texte de 2000, et je sais que l’on pourrait n’y voir que la rage, et ne rien entendre de ce que je voulais dire. Il y a des mots que je n’utiliserai plus, parce que je n’ai pas assez expliqué d’où ils venaient. Il y a des phrases dures que je n’écrirais plus aujourd’hui.
Je pense aussi que A. Finkielkraut pourrait répondre à cet article, et qu’il serait en droit et place de le faire, puisque ce sont ses textes que je critique, et ses interventions. Je dirai aujourd’hui ceci, à son propos. Je suis toujours en désaccord avec beaucoup de choses qu’il peut dire, principalement des conclusions politiques de son discours. Mais ce n’est pas si grave. J’apprends toujours de lui quelque chose, et il y a même des textes avec lesquels je suis en accord, et même, je pourrais dire, avec une certaine empathie. Je pense à un texte de l’Imparfait du présent, où il se fait râleur, et où, parfois, au détour d’une page, je me reconnais. Après tout, moi non plus, je n’aime pas être envahi de musique dans les cafés, au prix de mes conversations.
Lise, vous répondez à une partie de mon texte où je décris une position qui me semble insupportable, c’est à dire, dont je ne pourrais me soutenir (même si je n'ai pas de raison de le faire, en termes d'identifications), et que je ne puis soutenir, qui serait de s’exonérer de tout devoir humain au prétexte que, en tant que peuple juif, il a été souffert au-delà de toute souffrance. C’est bien cette part maudite de mon propos qu’il me faut réaccueillir et réexpliquer.
Voici ce qu’écrit Alain Finkielkraut, dans Une voix qui vient de l’autre rive, p89 :
«La Shoah est omniprésente. Ses morts ne connaissent jamais le repos. Constamment sur la brèche, sollicités en permanence, sans cesse au travail, ils n’ont pas une minute à eux. On les invite à bénir les instigateurs d’une nouvelle guerre raciale ; on leur demande de loger à l’enseigne nazie toutes les politiques nationales ; c’est en leur nom encore que l’on asservit les intelligences et les institutions à l’esprit du temps, c’est à dire au nihilisme.
«Devant cette mise à contribution effrénée et devant les identifications abusives des vigilants d’aujourd’hui avec les maquisards ou les martyrs d’hier, on a envie de crier grâce, on est tenté de réaffirmer avec Claude Lanzmann que la décision de faire disparaître un peuple de la surface de la terre ne ressemble à rien de connu : «Pourquoi, au lieu de s’en tenir à la spécificité d’événements historiques déjà effrayants en eux-mêmes, faut-il toujours rameuter la Shoah?»
La suite du texte discute et critique les positions de Claude Lanzmann sur le sujet.
En aucune façon je ne pense que cette position qu’il décrit soit la vôtre, Lise, ni celle de nombreuses personnes qui ont pu se sentir touchées, blessées ou concernées par cela.
Il apparaît aussi de façon tout à fait évidente que l’on ne peut coller cette idée à un peuple, un pays. Je ne crois pas que vous vous souteniez du massacre industriel des juifs pour tenir votre place de sujet dans le monde. Pour autant cette position existe, et il me sembla important, en 2000, de dire mon désaccord, en ce qu’elle est déterminante d’une violence qui ajoute à la violence, et ne fait qu’empirer. C’est d’ailleurs cette violence même, par sa seule évocation, qui contamine mon texte. Et c’est sans doute pour y trouver un apaisement que la nécessité de vous répondre, Lise, se fait jour.
Il y a ce trou dans l’histoire. Ce trou bien après nommé par Lanzmann Shoah, titre de son film, et que j’ai revu dernièrement, avec les mêmes secousses, les mêmes terreurs, les mêmes horreurs qu’autrefois, au Racine, quand il est sorti, et que je fus si bouleversé de cette vérité là qui enfin pouvait se dire, pouvait peut-être commencer à se dire. À le revoir, je peux être agacé par Lanzmann, par le ton qu’il emploie, par l’œil dur et accusateur, par la mise en jeu de sa traductrice polonaise qu’il bouscule parfois, interface difficile entre lui et le récit de l’horreur. Il est ressorti il y a quelques temps, avec les commémorations, Auschwitz.
Cette position que je décris, et qui est d’abord pointée par Finkielkraut, existe, et personne consciemment ne peut s’en soutenir, à moins d’être engagé lui-même dans la violence. Elle est semblable à celles qui, de tous bords, agissent dans le réel pour des idées infondées, fausses, déraisonnables, décalées, parfois délirantes. Je crois aussi que les choses ont très largement évolué.
Que les questions communautaires prennent aujourd’hui une toute autre ampleur, un tout autre sens qu’il y a seulement cinq ans, et je ne défendrai pas coûte que coûte aujourd’hui ce que je tentais, de façon bien trop vive, de désigner hier.
Comment décrire une position inconsciente, donc unique et personnelle, comme position collective? C’est là forcément un amalgame, c’est là forcément redoutable, c’est là que la généralité fuse, foire, fait tourner à l’aigre et tue le propos.
Je reprendrai, si je le puis, dans un prochain article, cette question, sous l’angle du fantasme, au travail avec le texte de François Regnault, Notre objet ‘a’.
Vous disiez que je faisais un sort au devoir collectif de mémoire. Avez-vous entendu Simone Weil lors des commémorations à Auschwitz? Rare discours, beau, poignant, et vrai. Le ton et l’âme. Elle y fut. Et même dernièrement, lorsqu’elle s’est prononcée pour le Oui au Référendum européen. Peut-être remplit-elle là un devoir de mémoire. Je ne sais ce qu’elle en dit, ni ce qu’elle en pense. Je ne puis dire que mon admiration pour cette femme. Et pour moi sa voix pèse, et sa transmission est forte, légitime, essentielle. Comme le fut pour moi l’écriture de Charlotte Delbo, de Pierre Antelme. Et d’autres encore, qui m’ont si vivement marqué.
Il y a dans ma famille, comme dans toutes les familles, des histoires de ce temps, vécues pendant la guerre et sous le nazisme. Ravensbrük, des trains, des voies détruites, des voies réparées. Il y a des histoires de petite fille pendant la guerre. L’histoire d’une grand-mère juive sauvée de la Gestapo. L’histoire de comédiens.
Longtemps, longtemps, ces histoires se sont tues. Avec patience, pour comprendre et garder la trace, j’en ai exhumées, des bribes, des bouts, des riens, des tas de choses qu’on ne pouvait pas dire, qu’on ne voulait pas dire. Il y avait ce trou dans l’histoire, et ce trou se trouvait redoublé dans la famille. La période de la guerre était le traumatisme de base. Comme refoulement originaire, et dont les rejetons, forcément, devraient un jour faire retour, dans les dires, dans les écrits. Cela eut lieu. Une mémoire a été entendue, parcellaire.
Il a été pour moi très révélateur qu’à l’occasion des commémorations d’Auschwitz la langue reprenne son droit, et que des personnes qui depuis toujours s’étaient tues se mettent enfin à raconter, à laisser aller leur parole au sens. L’émotion fut forte, d’autant plus forte que c’est le sens qui jaillissait du discours.
Le devoir de mémoire, c’est à ceux qui ont vécu ces tragédies qu’il appartient, à vous Lise, bien entendu, et il n’est pas question pour moi, bien au contraire, de mettre cela en doute. Le devoir de mémoire, bien peu s’en sont acquittés. Rendez-vous compte qu’il a fallu tout ce temps pour que certains, des hommes souvent, puissent commencer à parler. Le devoir de mémoire leur appartient, à eux qui ont vécu et se souviennent encore. Ce devoir de mémoire vous appartient aussi, et ce dont vous vous souvenez, vous avez à le transmettre.
Cette expression, devoir de mémoire, date de 1965, la mémoire comme archétype du devoir, dans le travail de Jankélévitch. Alain Finkielkraut : “1965. Face à la tentation de l’oubli, face aux sommations de l’avenir, contre le refus pragmatique de perdre son temps à rabâcher l’histoire ancienne et contre la prescription des crimes hitlériens, Jankélévitch défend le devoir de mémoire ou, plus précisément, la mémoire comme archétype du devoir, comme paradigme du scrupule ou de la responsabilité. «Les morts, écrit-il, dépendent entièrement de notre fidélité.» Ces offensés nous incombent ; ce sont nos célébrations qui les sortent du néant. Et comme pour enfoncer encore le clou de l’inutile, Jankélévitch ajoute : «Là où l’on ne peut rien “faire”, on peut du moins ressentir inépuisablement.»”
Avec Lanzmann le mot même de shoah, dont il s’expliquait il y a quelques semaines dans Le Monde, mot d’un film devenu le représentant de l’irreprésentable (mais quelle peut bien être la représentation des camps, aujourd’hui, sinon ce film, sinon les films, sinon les paroles et les livres). Shoah pour moi restera ce film. Le mot ne s’enracine pas dans l’histoire qu’il désigne, et pourtant il jaillit de la langue et de la culture des victimes, puisque c’est un mot hébreux. Mais ce mot n’appartient pas à mon référentiel concernant la période. Il est intervenu plus tard, avec le film de Lanzmann, et il a pris, il a marché. Pour des générations entières aujourd’hui ce mot est synonyme du massacre des juifs. Dans L’homme sans gravité, Charles Melman conteste ce mot et voudrait lui substituer celui de xénocide. Je dirais que quoi qu’on en veuille, c’est le mot de shoah qui a pris, et le remettre en question aujourd’hui est devenu suspect. Je crois pourtant qu’il nous éloigne du réel qu’il désigne, et je crois aussi qu’il sert à quelque chose de ce devoir collectif de mémoire dont il est ici question.
Voici ce qu’en dit Henri Meschonic(1) dans le Monde du 20 02 05, Pour en finir avec le mot Shoah, en réponse à larticle de Jacques Sebag, Pour en finir avec le mot Haulocauste.
«Le consensus s'est déplacé, en français, sur le mot « Shoah », lui aussi porté par un film à succès, celui de Claude Lanzmann. Mais autant Jacques Sebag rassemble avec énergie l'argumentation « pour en finir avec le mot Holocauste » , autant il semble, comme tout le monde, accepter le mot « Shoah » et même le justifier : « Shoah dit la judéité de la victime et souligne, à juste titre, sa spécificité religieuse et culturelle. »
Or, là aussi, il y a de l'intolérable, et il faut le faire entendre, d'autant plus qu'on ne l'entend pas. Les références mêmes à l'hébreu, avec l'apparence du savoir, inversent toute la réalité historique du mot, et aggravent un contresens généralisé qui ne semble gêner personne.
Ce qui accroît le scandale. Car le mot « Shoah » n'a pas du tout, en hébreu, de «connotation religieuse», et il ne désigne pas «également» un cataclysme et il ne renvoie pas « aussi à l'idée de «catastrophe naturelle» ». Le mot n'a rien à voir avec le massacre, il n'introduit pas non plus du «providentiel».
Le scandale, que la médiatisation du mot rend inaudible, est que c'est un mot qui, dans la Bible où il se rencontre treize fois, désigne une tempête, un orage et les ravages - deux fois dans Job - laissés par la tempête dévastatrice. Un phénomène naturel, simplement»
Il termine son article par cette phrase : «Le mot «Shoah», avec sa majuscule qui l'essentialise, contient et maintient l'accomplissement du théologico-politique, la solution finale du «peuple déicide» pour être le vrai peuple élu. Il serait plus sain pour le langage que ce mot ne soit plus un jour que le titre d'un film.»
S’il existe un devoir pour les générations qui n’ont pas vécu la période nazie, la seconde guerre mondiale et les camps de concentration, ce n’est pas celui de la mémoire, mais celui de l’écoute vraie de la parole de ceux qui transmettent leur mémoire, mémoire des morts et des vivants. Demander à ces jeunes gens d’aujourd’hui d’assumer le devoir d’une mémoire qu’ils n’ont pas, c’est forcément les mettre dans une situation impossible. Ce qui se transmet, à notre âme défendante, si l’on peut dire, et du côté de la filiation (c’est à dire de la façon dont le discours passe les générations), est bien de l’ordre de l’inconscient et, plus précisément, s’il est possible d’être précis en telle matière, de la part inconsciente du surmoi. Car c’est bien à cela que le mot devoir réfère, l’instance surmoïque.
Comment alors penser que les jeunes gens des années 2000 pourraient vivre sainement cette idée du devoir de mémoire, alors qu’elle les jette à coup sûr dans l’imaginaire, présentant cet imaginaire comme un réel, celui de la castration. Il n’y a pas de réel de la mémoire, pour eux, donc le devoir de mémoire ne peut opérer sur les générations actuelles comme castration, en ce qu’inévitablement le pot-aux-roses sera découvert, que l’on ne peut se souvenir d’événements auxquels on n’a pas été présents. Ce qui serait à garder en mémoire est forclos, comme s’il n’avait jamais eu lieu.
Nous sommes immergés dans la langue, et lorsqu’on la pervertit, et les journalistes s’y entendent parfois bien, comme les politiques, à ces raccourcis métonymiques et métaphoriques qui tout en générant du sens nouveau laissent l’ancien aux abîmes, lorsqu’on expulse la langue de son enjeu de vérité au niveau social alors que l’intégration du sens et de la culture qui le porte ne peut se faire qu’en sens inverse, alors on pervertit le lien entre les êtres, on produit de l’individu sans attaches, de l’individu hors sujet, hors réel. Il s’agit de mots : le réel de la psyché. Mémoire veut dire mémoire. Je questionne les mots et leur emploi, parce que leur dévoiement mène au contresens, et que dans les temps actuels où de plus en plus manque le sens au profit d’une jouissance sans limites, il est important de mettre un frein à l’emballement fou du non-sens.
Bien sûr, on se laisse prendre. Bien sûr, on avalise sans peine les idées généreuses qui sont derrière les mots. Bien sûr, le devoir de mémoire, c’est le politiquement correct minimum, le B.A. BA du penser juste. Bien sûr, l’idée que la mémoire se transmette entre les générations afin que plus jamais, non, plus jamais, telle horreur ne se reproduise, est une idée de sauvegarde du monde, de l’homme. Et que si c’est une utopie, c’est peut-être en tant que telle qu’elle est porteuse d’espoir.
Mon devoir a été de demander, de tirer les quelques fils de l’histoire singulière et familiale, des tous ses côtés, et d’en recueillir quelque chose, d’en comprendre quelque chose de ces traces, de les garder en ma mémoire, en tant que traces, signes, d’en dire ce qui me heurte et me marque, et laisser à mon tour d’autres traces, ma mémoire, ma génération, les traces que je voudrais inscrire dans la vie, et sur les pages et les toiles. Le devoir de mémoire restera, quel que soit mon texte, que je lui fasse ou non un sort, que je le questionne ou non. Le devoir de mémoire est entré dans la langue. Le mot mémoire a pris un sens nouveau. Il devient plus flou, plus paresseux.
La quatrième de couverture de La mémoire vaine de Finkielkraut : «Contre l’oubli de ce qui fut, il est toujours possible de faire appel, et de réveiller la mémoire. Contre une mémoire qui, au lieu d’acquiter notre dette envers les morts, met le passé à la disposition des vivants, leur sert de supplément d’âme, flatte leur bonne conscience, conforte leurs certitudes idéologiques, entretient l’époque dans son mélange si caractéristique de cynisme et de sentimentalité, contre une telle mémoire, il n’y a plus aucun recours..»
C’est ce type de mémoire qu’il dénonce comme vaine. Il termine ainsi : «La mémoire a certes triomphé de l’oubli, mais c’est une mémoire vaine.»
Le devoir de mémoire des jeunes gens de dix-huit ans, aujourd’hui, ne triomphe en rien de l’oubli. Parce qu’il n’y a pas de souvenir de ce qu’il ne faut pas oublier. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est écouter de la façon la plus vraie possible ce que ceux qui ont vécu ces moments ont à dire. Et d’en garder précieusement les traces, pour eux-mêmes et pour les autres.
Peut-être alors les tombes des cimetières juifs ne seront plus renversées par quelques uns, profanées, ouvertes. Passages à l’acte imbéciles, odieux, insensés. Peut-être alors que les croix gammées ne fascineront enfin plus personne. Il faut laisser du sens au langage. Laisser la culture s’infiltrer là où il y a l’intolérence. C’est ce poison là, cette subversion seule, comprendre et aimer, rameuter le sens au monde, qui pourrait ralentir l’emballement, et peut-être, ralentir la violence. Peut-être alors que les croix gammées ne fascineront enfin plus personne.
Bien sûr, Lise, ne vous sentez aucunement prise à partie par mes propos. Votre dernier article était pour moi un prétexte à remettre sur le feu cette question qui ne me semblait pas réglée. J’espère que vous écrirez de nouveau, bientôt, dans ces pages. J’espère que, si vous avez pu jusqu’au bout lire ces lignes, vous y trouverez une autre voix que celle qu’autrefois vous avez cru entendre.
On n’en n’a jamais fini de ces sujets, et d’autres articles viendront sans doute encore autour de celui-ci, confirmer ou contrecarrer les quelques idées que j’y tente.
Bien à vous, Lise,
avec toute mon amitié,
Emmanuel Bing
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(1) Henri Meschonnic est traducteur des textes bibliques, et en désaccord avec André Chouraqui dont il critique le litérallisme formel. (Pour la poétique II).
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