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- Où tu l'emmènes ? avait demandé sa mère.
- Affaires d'hommes -, avait répondu Libero Parri,
après quoi Ultimo ne s'était plus posé
de questions parce que si tu as cinq ans et que ton père
t'emmène avec lui de cette manière-là,
tu es content un point c'est tout. Alors il avait trottiné
derrière lui jusqu'au carrefour de Rabello. Il l'avait
fait sans savoir qu'une fois grand, il reverrait cette image
sans cesse, précisément celle-ci : la silhouette
massive de son père qui marchait à grands pas
devant lui, sur fond de brouillard matinal, sans jamais se retourner,
ni pour l'attendre ni pour vérifier s'il était
toujours là. Dans cette sévérité,
dans cette absence totale de doute, il y avait tout ce que son
père lui avait appris de la manière d'être
père : qui est de savoir marcher sans jamais se retourner.
Marcher du pas long des adultes, sans pitié, mais un
pas limpide et régulier, pour que ton fils puisse le
comprendre et le suivre, malgré son pas d'enfant. Et
le faire sans jamais se retourner, si tu en as la force : pour
qu'il sache qu'il ne se perdra pas, et que marcher ensemble
est un destin dont il ne faut jamais douter, puisqu'il est écrit
dans la terre.
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si
vous avez aimé les premiers livres d'Alessandro Baricco
et ses personnages aux rêves incendiés, lisez celui-ci.
un peu inégal - j'ai de loin préféré
les 160 premières pages et les protagonistes m'ont paru
trop "détachés", comme les pièces
d'un puzzle - mais lisez-le, ne serait ce que pour la magistrale
description de la bataille de Caporetto en 1917, qui vit la
défaite des Italiens par l'Autriche, mémorial
à l'incohérence et l'absurdité.
Lucie
Petit
http://www.chemindemots.be/
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