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Tim
Winton est né à Perth sur la côte ouest
de l’Australie en 1960 où il vit actuellement après
des séjours en France, en Irlande et en Grèce.
Il écrit des nouvelles et des romans pour les adultes
mais aussi pour les enfants.
Ses romans traduits en français sont édités
chez Rivages :
1997
Cet œil, le ciel
1999
La femme égarée
2004
Les ombres de l’hiver
2007
Cloudstreet
Tim Winton nous raconte l’histoire de deux familles, l’une
mue de génération en génération
par un désir de vengeance envers l’autre, poursuivie
par la malchance et la mort. On est sur la côte occidentale
de l’Australie, dans une petite ville où activités
et loisirs naissent de la pêche avec tous les sentiments
qui s’y rattachent. La pêche pour raison de vivre,
d’aimer et de mourir. Trois personnages au premier plan
: Georgie Jutland qui ne croit plus à son métier
d’infirmière et passe son temps à boire
et à surfer sur internet aux côtés de Jim
Buckridge, pêcheur de langoustes qu’elle ne supporte
plus. Jim appartient à la famille la plus puissante et
la plus crainte de la ville, célèbre par ses expéditions
punitives envers tous ceux qui ne respectent pas les «
codes » de la pêche. Et puis on a Luther Fox , musicien
et rêveur, environné de morts et braconnier des
mers. C’est lui que Georgie Jutland va aimer et cet amour
contrarié va être le moteur de la rédemption
de tous ces personnages. Révolte contre les pères,
contre la mort, contre soi-même. C’est en partie
ce qui va sauver le roman lui aussi d’une histoire somme
toute très ordinaire, en partie seulement car l’intérêt
que j’ai trouvé dans ce livre c’est la façon
dont Tim Winton joue avec le rêve et la réalité,
et le parti pris de sa narration dont il perturbe les règles
pour notre plus grand plaisir. Ici le « je est un autre
» qui vous échappe. Le « je » est en
osmose avec une nature superbement décrite et dans laquelle
il se fond, se perd et renaît.
Avec Tim Burton les dialogues glissent vers les monologues intérieurs,
le songe chevauche la réalité, la musique, très
présente aussi dans ce roman, emporte l’être.
L’auteur n’est pas un autochtone d’Australie
mais on peut sûrement voir là l’influence
des aborigènes,(évoqués par petites touches
dans le texte) où le rêve fait partie de la vie
et du réel et ce n’est peut-être pas un hasard
si le dernier mot du roman est justement « réelle
». Le rêve rejoint la réalité après
une course sauvage pour échapper aux superstitions, à
l’emprise familiale et aux morts.
Le
roman évolue avec les personnages, on passe de l’histoire
d’un trio à un parcours initiatique. Ces personnages,
frustes au départ, nous entraînent dans l’univers
de leur auteur qui les transforme et m’a passionnée.
Noëlle
Plenecassagne
http://www.loygue.com
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