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Nous
prenons place nous aussi sur le banc auprès de la fenêtre
de la maison de bois. Face au chemin sur un horizon de blancheur
nous attendons que le visage de la femme se lève, prenne
forme au long des pages, se dessine sous les mots dAndrei
Makine. Cest avec lui, laccompagnant dans la naissance
de son personnage que nous la découvrons, la perdons,
surpris comme lui-même semble-t-il de la voir séchapper
et renaître, transfigurée dans laube claire
de la neige.
Dans le voyage de lécriture, nous nous laissons
prendre comme le poisson dans le filet de la femme au bord du
lac gelé. Nous allons vers les villages désertés,
avec elle réveiller des vies oubliées, presque
végétales sous les toits effondrés.
Cette femme qui attend, à langle de la porte, dans
un espoir fou, nous laisse au bord du livre, tournés
vers la silhouette luminescente de son corps, et elle ne nous
quitte plus.
Jai aimé ce livre, cela se voit, et il me poursuit
toujours comme un envoûtement pur mêlé de
mots limpides.
Noëlle Plenecassagne
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