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Reporter
d'images, rapporteur de guerre, Patrick Chauvel sillonne le
monde des conflits depuis près de quarante ans. Il raconte
dans son livre les guerres, ou plutôt la guerre. Semblant
tirer de ses multiples expériences, une sorte de dure
sagesse issue de la violence universelle.
Il
en est des photographes comme des écrivains ou des professeurs
: de bons et de moins bons. De ceux qui prennent des risques,
et d'autres qui font de la photo esthétique, confortable.
Des photos rentables : celles de princesses par exemple, qu'on
demande à Patrick Chauvel, et qu'il ne fait pas. Il ne
sait pas. Le truc de Chauvel c'est la guerre : la vraie : celle
du Vietnam d'abord, puis d'Afghanistan, de Tchéchénie,
en passant par le Pérou et les guérilleros du
sentier lumineux, l'Iran, l'Irlande, Panama ou Israël.
Toujours dans le feu de l'action pour mieux risquer sa vie .
Au Liban des miliciens qui l'ont pris pour un espion israélien
le conduisent au peloton d'exécution. Devant la mort
il a beau se traiter d'abruti, il a encore et toujours le réflexe
de photographier sa propre fin qui ne viendra pas puisqu'il
est sauvé par miracle. Blessé cent fois, aux jambes,
à la cheville, à l'intestin, il a aussi coulé
avec des boat people à Haïti.
Fils d'un grand reporter au Figaro, Jean François Chauvel,
Patrick est élevé par son grand-père, ami
de Brassaï et de Kessel.
Nourri de reportages et de photos de légende, il part
à dix sept ans, couvrir le conflit Israélo-Arabe
avec un appareil prêté. Il ne reviendra jamais
plus de quelques jours à Paris, préférant
courir le monde pour rapporter des images qui donnent le frisson,
des récits qui glacent le sang. Pas pour le danger, juste
pour informer, car dit-il : " je ne veux plus jamais entendre,
on ne savait pas. Les gens ont les moyens de savoir ".
Patrick Chauvel est à l'évidence un de ceux qui
donnent la possibilité d'ouvrir les yeux sur de terribles
ailleurs.
Brigit Bontour
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