Lectures adolescentes

L'année du certif (1995)

un roman de Michel Jeury

Pocket ( 6 € 50)



par les élèves de 1ère S5 du lycée

J.-B. Dumas à Alès (Gard)



L'année du certif est un véritable voyage dans le temps où revivent nos Cévennes, fières et authentiques. Michel Jeury a su faire vibrer nos coeurs et notre orgueil en nous rappelant avec justesse la beauté et le charme de cette région où se succèdent sans fin les "serres" et les "valats".

Les personnages, au caractère marqué, sont tout aussi convaincants.

Comment rester insensible à la nostalgique et mélancolique Mlle Rachel ou à ce romanesque inspecteur primaire, un sexagénaire romantique et poète à ses heures ?

L"année du certif, c'est aussi l'austère Paul Fontanes, étouffé par l'orgueil et le perfectionnisme, tergiversant sur la suprématie de son manuel scolaire ou sur la véritable limite des Cévennes.

Mais cette oeuvre est, avant tout, un hymne à l'enfance. La naïveté de ces "pitchounets" fabulant, lors de veillées nocturnes clandestines, sur la sexualité ou les amants cachés dans la bruyère est très touchante. De même, ce Marcel Pagnol des Cévennes a très bien su rendre le côté dur et sans pitié de l'enfance, théâtre de sarcasmes, moqueries et affrontements impitoyables.

Ce roman a une saveur de regret et de nostalgie qui se répand dans une atmosphère faite tout à la fois de rigueur et de sensibilité. Baignés dans cet environnement subtil, les personnages s'adonnent aux rêves, à l'ambition, à l'amour ou encore aux persiflages. C'est tout simplement la vie que Michel Jeury nous rapporte là, dans sa plus grande simplicité, avec ses espérances et ses désillusions, son amertume et sa douceur.

Christophe Pradeilles, élève de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard).

 


S'il fallait une raison pour lire L'année du certif, ce serait certainement la nostalgie d'un passé d'écolier. En effet, Michel Jeury nous offre ici une fidèle reconstitution de la vie cévenole des années trente. Entre instants de joie et instants de peine, le lecteur plonge dans la vie quotidienne d'une bande de camarades de classe des petits villages de Saint-André-la-Vallée et de Saint-Pierre-du-Mont. Cette année-là, tous les esprits sont mobilisés sur le certificat d'études, l'examen de fin d'année. La bataille s'engage alors entre instituteurs pour le prix cantonal. Les élèves, eux, partagent leur vie entre études et escapades dans la nature. On retrouve, dans cette fresque colorée, l'essence provençale des récits de Marcel Pagnol. C'est cette atmosphère chaleureuse qui tient en haleine le lecteur et non l'intrigue qui, elle, tend à rester en retrait. Ainsi, ce n'est qu'à la fin du livre qu'on découvre le coeur du récit. Malgré cela, le lecteur parvient à s'attacher à la personnalité des héros.

C'est pourquoi cette oeuvre reste avant tout un magnifique témoignage de cette enfance cévenole d'antan.

Laurent Degorce-Dumas, élève de 1ère S5 au lycée J.-B.  Dumas, Alès (Gard)

 


"Chaque matin, on s'éveille au milieu de mille montagnes qui font le gros dos. Entre elles s'ouvrent cent vallées, étroites et sombres, dix gouffres profonds. On distingue, de loin en loin, la frisure brillante des schistes, les gros os ronds du calcaire, les dures mâchoires du granit, si proches parfois qu'ils semblent presque mêlés, dans ce chaos de pierres et d'arbres, de terre et de ciel : les basses Cévennes. On est en son pays, on l'aime, c'est beaucoup de bonheur."

L'année du certif est un roman de Michel Jeury qui a été publié en 1995. L'histoire se déroule dans les Cévennes en 1935. Il est question, comme l'indique le titre, du certificat d'études. Elle raconte la vie d'un couple d'instituteurs, Paul et Claire Fontanes, qui préparent leurs élèves au certificat d'études mais, cette année-là, Paul veut remporter le prix cantonal et il veut que ce soit son fils qui le décroche...

C'est une véritable balade dans les Cévennes qui est offerte aux lecteurs ; le cadre de vie est décrit dans les moindres détails, il ne manque plus que le bruit des cigales et le crissement de la plume sur le papier pour être totalement emporté par le récit. Un récit sans fioritures, qui décrit avec justesse les paysages, sans trop en faire et sans négliger pour autant les détails. C'est la principale qualité du récit, qualité de l'auteur qui a peut-être l'avantage de ne vivre que depuis une dizaine d'années dans les Cévennes et qui peut "juger le cadre de l'extérieur."

La description est telle,  qu'étant du pays, je n'ai qu'à ouvrir ma fenêtre pour retrouver tout ce dont il est question. L'histoire ne m'est pas tout à fait étrangère et l'impression d'avoir déjà entendu toutes ces anecdotes, racontées par les anciens, est omniprésente... Le temps est incroyablement bien remonté. Tout y est : les extraits d'anciens manuels scolaires, l'ambiance des vieilles salles de classes, la mode de l'époque des anciens élèves, leurs jeux, et puis le mode de vie des gens, la vie privée et familiale.

C'est un roman qui se lit l'été, à l'ombre, aux pieds des Cévennes, sous les chants des cigales, pour les gens du pays ; il se lit également isolé, sans aucun bruit, pour les autres, ceux qui pourront laisser leur imagination les emporter dans les Cévennes, le temps de la lecture.

Anne-Lise Salvi, élève de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard)

 


Comme chaque année, des milliers d'écoliers préparent le diplôme de fin d'année.

Mais cette année 1935 sera toute particulière pour Paul Fontanes. Grand ambitieux, il rêvait d'embrasser une brillante carrière dans l'enseignement et finir, tout au moins, comme son père, Inspecteur primaire. Mais voilà : il n'est qu'un "simple instituteur de campagne." Rongé par les regrets, il va donc mettre tous ses espoirs en son fils aîné, Antoine, qu'il a gardé une année de plus dans sa classe pour lui faire décrocher le prix cantonal.

Mais cette année, c'est aussi la dernière pour l'institutrice, Mlle Rachel, de Saint-Pierre-du-Mont, qui partirait à la retraite avec un petit pincement au coeur si, dans sa carrière, elle n'avait jamais reçu le prix cantonal. Elle va donc préparer, elle aussi, son élève, la petite Pascaline, toujours pleine de vie, dans la bataille pour le prix cantonal.

De dictées en récitations, de problèmes de robinets en problèmes de trains qui se croisent, on suit un petit groupe d'élèves évoluant vers le but final : le certificat.

C'est l'époque de l'école mixte dans les villages de campagne et c'est l'âge de la découverte du sentiment amoureux.

Ancien instituteur, Michel Jeury nous fait partager sa passion pour l'école. Tous les chapitres de son bouquin s'ouvrent par un extrait de manuel scolaire. On se trouve donc véritablement plongé dans une salle de classe de l'entre-deux guerres. On sent la chaleur du poêle à côté de nous tandis que l'odeur de l'encre et de la craie se disperse dans la pièce.

Cette grande émotion que le livre suscite en nous, nous la devons principalement au brio de l'écriture. D'un style précis et clair, il dépeint des personnages attachants. En effet, qui n'éprouverait pas un soupçon de tendresse pour le petit Ninikoff ou pour Mlle Rachel ?

A la lecture, on se trouve donc comme impliqué dans l'histoire, on se mêle aux personnages, oubliant momentanément le monde qui nous entoure, pour une douce balade dans nos vallées cévenoles.

On se laisse si facilement entraîner par la poésie de cette superbe histoire, de ces deux frères attentifs à leur petite soeur à qui ils font "l'école de Jules Verne" plutôt que l'école buissonnière !

Même si vous n'êtes pas à la recherche de la nostalgie, lisez ce roman vivant, plein de tendresse et de bonheur simple.

Amandine Saumade, élève de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard)