L'année du certif
est un véritable voyage dans le temps où revivent
nos Cévennes, fières et authentiques. Michel Jeury a su
faire vibrer nos coeurs et notre orgueil en nous rappelant
avec justesse la beauté et le charme de cette région où se
succèdent sans fin les "serres" et les "valats".
Les personnages, au
caractère marqué, sont tout aussi convaincants.
Comment rester
insensible à la nostalgique et mélancolique Mlle Rachel ou
à ce romanesque inspecteur primaire, un sexagénaire
romantique et poète à ses heures ?
L"année du
certif, c'est aussi l'austère Paul Fontanes, étouffé
par l'orgueil et le perfectionnisme, tergiversant sur la suprématie
de son manuel scolaire ou sur la véritable limite des Cévennes.
Mais cette oeuvre est,
avant tout, un hymne à l'enfance. La naïveté de ces "pitchounets"
fabulant, lors de veillées nocturnes clandestines, sur la
sexualité ou les amants cachés dans la bruyère est très
touchante. De même, ce Marcel Pagnol des Cévennes a très
bien su rendre le côté dur et sans pitié de l'enfance, théâtre
de sarcasmes, moqueries et affrontements impitoyables.
Ce roman a une saveur de
regret et de nostalgie qui se répand dans une atmosphère
faite tout à la fois de rigueur et de sensibilité. Baignés
dans cet environnement subtil, les personnages s'adonnent aux
rêves, à l'ambition, à l'amour ou encore aux persiflages.
C'est tout simplement la vie que Michel Jeury nous rapporte là,
dans sa plus grande simplicité, avec ses espérances et ses désillusions,
son amertume et sa douceur.
Christophe Pradeilles,
élève de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard).
S'il fallait une raison
pour lire L'année du certif, ce serait
certainement la nostalgie d'un passé d'écolier. En effet,
Michel Jeury nous offre ici une fidèle reconstitution de la
vie cévenole des années trente. Entre instants de joie et
instants de peine, le lecteur plonge dans la vie quotidienne
d'une bande de camarades de classe des petits villages de
Saint-André-la-Vallée et de Saint-Pierre-du-Mont. Cette année-là,
tous les esprits sont mobilisés sur le certificat d'études,
l'examen de fin d'année. La bataille s'engage alors entre
instituteurs pour le prix cantonal. Les élèves, eux,
partagent leur vie entre études et escapades dans la nature.
On retrouve, dans cette fresque colorée, l'essence provençale
des récits de Marcel Pagnol. C'est cette atmosphère
chaleureuse qui tient en haleine le lecteur et non l'intrigue
qui, elle, tend à rester en retrait. Ainsi, ce n'est qu'à la
fin du livre qu'on découvre le coeur du récit. Malgré cela,
le lecteur parvient à s'attacher à la personnalité des héros.
C'est pourquoi cette
oeuvre reste avant tout un magnifique témoignage de cette
enfance cévenole d'antan.
Laurent Degorce-Dumas,
élève de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard)
"Chaque matin,
on s'éveille au milieu de mille montagnes qui font le gros
dos. Entre elles s'ouvrent cent vallées, étroites et
sombres, dix gouffres profonds. On distingue, de loin en loin,
la frisure brillante des schistes, les gros os ronds du
calcaire, les dures mâchoires du granit, si proches parfois
qu'ils semblent presque mêlés, dans ce chaos de pierres et
d'arbres, de terre et de ciel : les basses Cévennes. On est
en son pays, on l'aime, c'est beaucoup de bonheur."
L'année du certif
est un roman de Michel Jeury qui a été publié en 1995.
L'histoire se déroule dans les Cévennes en 1935. Il est
question, comme l'indique le titre, du certificat d'études.
Elle raconte la vie d'un couple d'instituteurs, Paul et Claire
Fontanes, qui préparent leurs élèves au certificat d'études
mais, cette année-là, Paul veut remporter le prix cantonal
et il veut que ce soit son fils qui le décroche...
C'est une véritable
balade dans les Cévennes qui est offerte aux lecteurs ; le
cadre de vie est décrit dans les moindres détails, il ne
manque plus que le bruit des cigales et le crissement de la
plume sur le papier pour être totalement emporté par le récit.
Un récit sans fioritures, qui décrit avec justesse les
paysages, sans trop en faire et sans négliger pour autant les
détails. C'est la principale qualité du récit, qualité de
l'auteur qui a peut-être l'avantage de ne vivre que depuis
une dizaine d'années dans les Cévennes et qui peut
"juger le cadre de l'extérieur."
La description est
telle, qu'étant du pays, je n'ai qu'à ouvrir ma fenêtre
pour retrouver tout ce dont il est question. L'histoire ne
m'est pas tout à fait étrangère et l'impression d'avoir déjà
entendu toutes ces anecdotes, racontées par les anciens, est
omniprésente... Le temps est incroyablement bien remonté.
Tout y est : les extraits d'anciens manuels scolaires,
l'ambiance des vieilles salles de classes, la mode de l'époque
des anciens élèves, leurs jeux, et puis le mode de vie des
gens, la vie privée et familiale.
C'est un roman qui se
lit l'été, à l'ombre, aux pieds des Cévennes, sous les
chants des cigales, pour les gens du pays ; il se lit également
isolé, sans aucun bruit, pour les autres, ceux qui pourront
laisser leur imagination les emporter dans les Cévennes, le
temps de la lecture.
Anne-Lise Salvi, élève
de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard)
Comme chaque année, des
milliers d'écoliers préparent le diplôme de fin d'année.
Mais cette année 1935
sera toute particulière pour Paul Fontanes. Grand ambitieux,
il rêvait d'embrasser une brillante carrière dans
l'enseignement et finir, tout au moins, comme son père,
Inspecteur primaire. Mais voilà : il n'est qu'un "simple
instituteur de campagne." Rongé par les regrets, il va
donc mettre tous ses espoirs en son fils aîné, Antoine,
qu'il a gardé une année de plus dans sa classe pour lui
faire décrocher le prix cantonal.
Mais cette année, c'est
aussi la dernière pour l'institutrice, Mlle Rachel, de
Saint-Pierre-du-Mont, qui partirait à la retraite avec un
petit pincement au coeur si, dans sa carrière, elle n'avait
jamais reçu le prix cantonal. Elle va donc préparer, elle
aussi, son élève, la petite Pascaline, toujours pleine de
vie, dans la bataille pour le prix cantonal.
De dictées en récitations,
de problèmes de robinets en problèmes de trains qui se
croisent, on suit un petit groupe d'élèves évoluant vers le
but final : le certificat.
C'est l'époque de l'école
mixte dans les villages de campagne et c'est l'âge de la découverte
du sentiment amoureux.
Ancien instituteur,
Michel Jeury nous fait partager sa passion pour l'école. Tous
les chapitres de son bouquin s'ouvrent par un extrait de
manuel scolaire. On se trouve donc véritablement plongé dans
une salle de classe de l'entre-deux guerres. On sent la
chaleur du poêle à côté de nous tandis que l'odeur de
l'encre et de la craie se disperse dans la pièce.
Cette grande émotion
que le livre suscite en nous, nous la devons principalement au
brio de l'écriture. D'un style précis et clair, il dépeint
des personnages attachants. En effet, qui n'éprouverait pas
un soupçon de tendresse pour le petit Ninikoff ou pour Mlle
Rachel ?
A la lecture, on se
trouve donc comme impliqué dans l'histoire, on se mêle aux
personnages, oubliant momentanément le monde qui nous
entoure, pour une douce balade dans nos vallées cévenoles.
On se laisse si
facilement entraîner par la poésie de cette superbe
histoire, de ces deux frères attentifs à leur petite soeur
à qui ils font "l'école de Jules Verne" plutôt
que l'école buissonnière !
Même si vous n'êtes
pas à la recherche de la nostalgie, lisez ce roman vivant,
plein de tendresse et de bonheur simple.
Amandine Saumade, élève
de 1ère S5 au lycée J.-B. Dumas, Alès (Gard)
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