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SOUS
LES PAVES DE PARIS
Dans
ce livre à la forme d'un " pavé " rappelant
ceux de Paris, Laure Beaumont-Maillet a rassemblé 840
photos de la capitale prises par Atget entre 1890 et 1927.
Eugène Atget qui se considérait plus comme un
flâneur qu'un artiste accumula plus de trois mille photos
de Paris de la fin du 19ème siècle et du début
du vingtième. Il fait revivre le Paris populaire ou aristocratique,
ses détails d'architecture ou de ferronnerie aujourd'hui
disparus, les petits métiers, les intérieurs des
maisons modestes ou bourgeoises. Mais il aimait également
le Paris nocturne désert ou perdu dans le brouillard
donnant ainsi une atmosphère étrange et parfois
magique à ses clichés.
Ignoré de son vivant sauf d'artistes comme de Chirico
ou Man Ray, il demeure presque cent ans après sa mort
le photographe d'un Paris disparu à jamais et le grand
photographe qu'il n'a jamais admis être.
ATGET
PARIS
Laure Beaumont-Maillet
Editions Hazan
785 pages 38,20 euros ;
réimpression de l'ouvrage paru en 1992 aux éditions
Hazan.
L'ANNONCIATION
ITALIENNE
De
tous les thèmes religieux, l'annonciation est sans aucun
doute le plus ambigu, le plus compliqué à traiter
: comment en effet illustrer la rencontre entre le divin et
l'humain : l'ange Gabriel et la vierge Marie ?
Entre le quatorzième et le quinzième siècle,
les peintres italiens se penchèrent avec acuité
sur la question en en renouvelant la perception classique.
L'invention de la perspective leur permit en effet d'utiliser
une nouvelle forme de peinture qui paradoxalement fait apparaître
l'indicible -l'annonciation- dans des tableaux concrets comme
dans l'uvre de Francesco Del Cossa, de Vitorrio Carpaccio
et de bien d'autres.
L'auteur Daniel Arasse montre pour la première fois la
place de la géométrie dans la Renaissance et plus
précisément ce qu'elle apporte au mystère
de l'Annonciation dans un somptueux livre de 245 illustrations.
Un ouvrage indispensable pour mieux comprendre l'importance
de l'apparition de la perspective.
L'ANNONCIATION
ITALIENNE : une histoire de la perspective
Daniel Arasse
Editions Hazan
368 pages 75 euros
L'ART
DES EGLISES DE FLORENCE
Quelques
villes se comptant sur les doigts d'une main peuvent à
l'instar de Florence être considérées comme
des raccourcis de l'histoire de l'art. A Florence les églises
sont les étapes obligées de ce parcours de l'extraordinaire
révolution que fut la Renaissance. Par exemple, l'église
Santa Croce réunit le travail novateur autant pictural
qu'architectural de Giotto dans la chapelle Bardi et celui aux
visions plus humanistes de Brunelleshi dans la chapelle Pazzi.
Fra Angelico, Pontormo, Michel Ange, Massacio sont infiniment
plus présents dans les églises que dans les musées
et font de Florence une ville à part pour comprendre
la Renaissance.
D'autre part l'histoire politique et sociale est présente
dans les églises avec ses représentations d'hommes
de guerre peints par Ucello Verrochio. Cette alliance subtile
et inédite entre la religion, la politique et la vie
est sans doute l'exception qui fait des édifices de Florence
une histoire de l'art vécue hors des musées.
L'ART
DES EGLISES DE FLORENCE
Antonio Paolucci
Editions Hazan
79 euros 324 pages
LES
GARCONS : FIGURES DE L'EPHEBE
L'idée
communément admise dans l'art ou la publicité
est que seule la femme représente la sexualité,
l'érotisme, alors que depuis toujours les garçons,
surtout les adolescents, plus des enfants, mais pas encore des
hommes ont beaucoup eux aussi, inspiré les peintres et
sculpteurs. Certains corps féminins ayant même
été peints d'après des corps de jeunes
garçons. Le côté éphémère
de cet âge a une force sensuelle extrêmement forte.
D'ailleurs encore aujourd'hui les mannequins ont une morphologie
plus proche de celle de l'adolescent que de la femme.
Dans son livre Germaine Greer démontre à travers
2OO gravures l'attirance presque coupable que nous pouvons avoir
pour les corps souvent nus des garçons.
De l'Apollon du Belvédère au portrait de Ranuccio
Farnèse âgé de douze ans peint par Titien,
où éclate l'opposition entre la jeunesse du visage
et les attributs virils : le manteau d'homme, l'épée
; à Bacchus peinture du Caravage où le sujet paraît
efféminé : toutes ces représentations et
bien d'autres, vues à travers la thèse de l'auteur
font comprendre l'ambiguïté éprouvée
devant ces figures de garçons.
D'ailleurs sait-on que le génie de la Bastille représente
un corps d'adolescent ailé et nu ?
Dans ce livre extrêmement troublant et sensible, se pose
avec acuité la question de la sexualité sous toutes
ses formes et à tous les âges et la fascination
pour l'androgénéïté rarement évoquée.
LES
GARCONS : FIGURES DE L'EPHEBE
Germaine Greer
Editions Hazan
256 pages 45 euros
RUBENS
Rubens,
sans doute l'artiste le plus célèbre et puissant
du dix septième siècle apparaît dans ce
livre très exhaustif sous toutes se facettes, souvent
peu connues. Sa carrière de peintre est naturellement
la partie majeure de l'ouvrage, mais aussi celle de diplomate,
puisqu'il fut le conseiller intime de l'infante Elisabeth entre
1627 et 1630, négociateur de la paix entre l'Espagne
et l'Angleterre. L'auteur décrit également l'organisateur
de " la Fabrique Rubens ", c'est à dire le
travail de l'esquisse comme laboratoire de la création
ainsi que la répartition du travail entre ses assistants.
En effet rares furent les peintres au génie créatif
aussi impressionnant que Rubens à avoir une carrière
mondaine et politique qui ne la détournât pas de
son uvre, grâce à sa puissance de travail
et à son organisation minutieuse.
Dominant l'art baroque Flamand, il influença nombre de
ses contemporains dans différents styles : architecture,
gravure, sculpture, et demeure à travers les siècles
l'artiste parfait. Créateur auquel la ville de Lille
nommée capitale culturelle Européenne 2004 rendra
hommage lors d'une exposition en mars 2004.
RUBENS
Editions Hazan
Nadeije Laneyrie-Dagen
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