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Mis
à la retraite, l'inspecteur Harry Bosch, héros
des romans de Michael Connelly s'ennuie un peu et s'avère
incapable d'oublier une histoire non résolue datant de
quelques années. Le meurtre d'une jeune et jolie assistante
de production, Angella Benton, assassinée deux jours
avant que deux millions de dollars ne disparaissent du tournage
sur lequel elle travaillait. En effet, le producteur du film
avait exigé de vrais billets : " car quand on se
sert d'argent faux, on joue faux ". Imparable. Tout comme
l'avait été la disparition programmée du
magot et la poisse entourant les inspecteurs chargés
de l'affaire : quelques mois plus tard l'un d'entre eux était
tué dans un bar, l'autre Lawton Cross, gravement blessé,
réduit à l'état de légume dans un
fauteuil roulant.
De plus, la trace de certains billets numérotés
avait été retrouvée par une agent du FBI,
Martha Gessler dans le probable financement d'une base d'Al
Quaida basée au Mexique. Agent disparue depuis sans laisser
de traces.
Trop d'indices, trop d'interrogations pour un Harry Bosch plus
pugnace que jamais, même s'il a perdu les avantages du
pouvoir de l'appartenance à la police. Ne lui restent
plus pour l'épauler qu'un membre traqué du FBI
et Lawton Cross prêt à coopérer mais visiblement
persécuté. Par sa femme devenue garde-malade malgré
elle, pense d'abord Bosch, avant de découvrir une vérité
autrement plus sordide où le FBI d'après le 11
septembre peut tout se permettre, au nom de la sécurité
intérieure et de la lutte contre le terrorisme.
Plus
sensible, plus riche humainement, le personnage de Bosch semble
gagner au fil du roman ce qu'il a perdu en pouvoir. Comme si
désabusé par le contexte, il n'avait pour obsession,
à défaut de ressusciter les morts, d' adoucir
quelque peu les vies de ceux qui restent, aussi cassées
soient-elles.
Le
roman de Connelly, plus qu'un policier classique n'a de cesse
de démontrer à quel point la lutte officielle
pour le bien et la protection du citoyen américain débouche
en fait sur des procédés innommables où
la terreur peut déployer tout son champ d'action. Laissant
libre cours aux plus bas instincts de flics pourris, de producteurs
sans foi ni loi.
Seule
lueur d'espoir, dans ce chaos, la première phrase du
roman : " il n'est pas de fin aux choses du cur ".
Et c'est exactement la le message que Michael Connelly parvient
à distiller à travers son personnage de vieux
routier du crime, pas encore revenu de toutes les formes d'horreurs
que l'esprit humain peut engendrer.
Brigit Bontour
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