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NICOLAS
DE STAEL : PEINDRE ET ECRIRE.
En
moins de vingt ans d'activité, l'écriture de Nicolas
de Staêl a toujours accompagné sa peinture de mots,
d'écriture.
" Rien de plus violent que la douceur " écrivit-il
à René Char. Phrase placée en regard du
tableau " les Indes galantes ". Ou encore face à
" Montagne Sainte Victoire ", ce mot envoyé
à Pierre Lecuire : " pour l'instant, j'aiguise mes
yeux aux silex du midi ". Et en effet le tableau paraît
grâce à ces quelques mots, plus aigu encore, plus
fort avec ses oppositions violentes de jaune de rouge et de
bleu.
Nicolas de Staël peignait, mais écrivait et communiquait
beaucoup aussi : " " je me sens toujours en faute
écrivait-il dans une lettre à René Char,
quand je ne partage pas un peu ce qui m'arrive ".
Cette qualité assez rare chez les peintres, généralement,
totalement absorbés par leur création picturale,
est admirablement mise en valeur dans ce livre qui présente
une double lecture de l'uvre de Nicolas de Staël.
Sur la page de droite un tableau, sur celle de gauche, une phrase
comme un commentaire ou peut-être une explication.
Une piste en tout cas, à méditer, approfondir,
pour mieux comprendre l'uvre du peintre proposée
par Alain-Madeleine Perdrillat, directeur de la communication
de la Réunion des musées nationaux.
Alain
Madeleine Perdrillat
Nicolas de Staël
Collection " Les mots de la peinture "
Editions Hazan, 17 euros.
GRANDS MUSEES
D'EUROPE
Rares
sont les amateurs d'art qui ont pu parcourir des jours durant,
les principaux musées d'Europe parmi lesquels, Le Louvre,
le British Muséum de Londres, l'Ermitage de Saint Petersbourg,
le Prado de Madrid, le Rijksmuseum d'Amsterdam, ou encore les
musées du Vatican, ou l'île au musée de
Berlin. C'est ce que propose ce livre découpé
en huit chapitres consacrés chacun à un musée.
Prétexte idéal pour découvrir ou redécouvrir
en une vision d'ensemble l'historique, la genèse et l'évolution
de ces musées, tout en admirant les chefs d'uvres
choisis par les auteurs du livre. Pour chaque musée,
le chapitre s'ouvre sur plusieurs photos générales,
un plan très détaillée de l'emplacement
des collections et naturellement la reproduction de différents
tableaux ou objets parmi les plus rares.
Le texte s'applique pour sa part à être de la plus
grande exhaustivité possible, multipliant les encadrés
: sur les grands collectionneurs anglais pour le British muséum
ou sur Dominique Vivant Denon dans la partie consacrée
au Louvre.
Ce livre est une véritable invitation au voyage de "
l'honnête homme ", informé, éclairé
et curieux.
GRANDS
MUSEES D'EUROPE
Collectif
Skira Seuil, 50 euros.
LES
AGES DU VERRE
De
Daniel Spoeri, artiste représentant du nouveau réalisme
et son " Ivrogue, tableau piège à un triomphe
de table, en cristal de bohème du XVIIIème siècle,
une série de trois vases superposés de forme identique
mais de taille plus réduite au sommet qu'à la
base, sans oublier les objets du début de l'ère
chrétienne : porte-onguent, bouteille ou compte-gouttes
en forme de grenade ; ce livre consacré au verre à
différentes époques et selon différents
thèmes est une synthèse sur l'histoire et les
techniques du verre de l'antiquité à l'époque
actuelle.
Les différentes thématiques retenues sont la nature,
l'eau, le corps, le sacré, le quotidien, le jeu, le fragment
.
Et pour chacun de ces chapitres, trois subdivisions sont retenues
: le verre ancien, les créateurs du verre, l'art contemporain.
Ainsi Joseph Beuys ou Louise Bourgeois côtoient des artistes
anonymes du premier siècle avant Jésus Christ.
L'importance du verre dans la vie, l'art ou l'imaginaire est
célébrée par des photos parfois étonnantes
légendées de façon très précise.
Tout au long de cet ouvrage, le
matériau est analysé d'un point de vue technique,
créatif ou tout simplement esthétique.
LES
AGES DU VERRE
Collectif Skira Seuil
288 pages, 60
euros
DE BRUGES
A AMSTERDAM, LUMIERES DU NORD.
Partons
sur les traces de Memling ou Van Eyck à Bruges et à
Gand, de Breughel et Rubens à Anvers, de Rembrandt à
Amsterdam, de Vermeer à Delft, grâce à ce
livre qui présente les endroits où ont vécu
ces peintres, leurs promenades préférées,
leurs lumières favorites.
Face aux tableaux reproduits, le photographe selon un angle
voisin offre des visions contemporaines des villes et des paysages,
qui à certains égards paraissent ne pas avoir
changé. Ce miracle est du sans doute aux ciels lourds
de nuages, aux ambiances colorées des maisons, à
la présence de l'eau et aux âmes fortes des grands
peintres qui ont à jamais forgé ces lieux de leur
empreinte.
De cette échappée entre passé et présent,
peinture et photographie, le lecteur garde une impression de
plénitude et de calme très prégnante.
Plus
terre à terre, mais très appréciable, un
carnet pratique permet à la fin de l'ouvrage de retrouver
les adresses précises des lieux cités afin de
retrouver la taverne ou la maison de son peintre favori.
DE
BRUGES A AMSTERDAM, LUMIERES DU NORD
Catherine Sauvat, François Goudier
Editions du chêne
168 pages, 39 euros.
L'IL
ET L'APPAREIL.
Après
plusieurs mois de fermeture pour rénovation, la prestigieuse
Albertina de Vienne a ouvert à nouveau en mars 2003 et
présenté pour la première fois, sa collection
de photos aussi exhaustive que méconnue.
Le catalogue publié à cette occasion montre en
huit chapitres la richesse d'une collection débutée
en 1852 à l'époque des Habsbourg jusqu'à
nos jours.
Des photos extraites d'albums de voyage, des natures mortes,
des paysages, un poulain de 1925 sont les témoins d'un
passé encore proche.
Atget, Diane Arbus, Joseph Maria Eder, et bien d'autres anonymes
ou plus connus éclairent d'un jour nouveau, l'histoire
de la photographie, tandis que des textes écrits par
des spécialistes de cet art dont Klaus Albert Shröder,
et Monika Faber respectivement directeur de l'Albertina et conservatrice
en chef de la collection photographique de ce même musée
nous ouvrent des pistes de réflexion inédites
sur ce média si neuf et déjà classique.
L'IL
ET L'APPAREIL
La collection photographique de l'Albertina
Editions du Seuil
288 pages, 59 euros
JEAN
FOUQUET : peintre et enlumineur majeur du XVème siècle.
Si le peintre et enlumineur Jean Fouquet est l'un des artistes
les plus importants du XV ème siècle, il est aussi
l'un des plus méconnus et peu de ses tableaux sont parvenus
jusqu'à nous. Tout d'abord parce que nombre d'entre eux
furent détruits, mais également parce que beaucoup
furent attribués à d'autres peintres au cours
des siècles.
Jean Fouquet fut le tout premier peintre à laisser un
autoportrait - sur un petit médaillon de cuivre du Diptyque
de Melun - ; et aussi l'un des maîtres dans sa façon
d'allier la divine proportion aux recherches sur la perspective.L'art
de géométrie consistant à structurer le
dessin à partir de polygones, notamment le pentacle des
anciens basé sur le nombre d'or.
Toutefois, si l'exposition de la Bibliothèque nationale
ne peut présenter ses tableaux les plus importants mais
intransportables car peints sur bois, ou les miniatures des
heures d'Etienne Chevalier, conservés à Chantilly
et inamovibles ; ce livre catalogue nous permet d'admirer la
totalité de l'uvre connue de Fouquet en un merveilleux
feu d'artifice de couleurs et d'histoire.
Ainsi, la très belle vierge à l'enfant entourée
d'anges, faisant partie du Diptyque de Melun, le portrait de
Charles VII, les représentations des Heures d'Etienne
Chevalier ; des Heures à l'usage d'Angers ou Heures dites
du cardinal Charles de Bourbon figurent parmi bien d'autres
chefs d'uvre dans ce catalogue réalisé par
le commissaire de l'exposition François Avril.
Celui-ci, avec son choix iconographique du plus grand intérêt
contribue également par ses textes savants et éclectiques
à montrer l'uvre et le personnage de Jean Fouquet,
précurseur de la Renaissance d'une façon à
la fois novatrice et très enrichissante pour le lecteur.
JEAN
FOUQUET, PEINTRE ET ENLUMINEUR DU XV ème siècle.
Sous la direction de François Avril
Bibliothèque nationale de France / Hazan
65 euros
Brigit Bontour
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