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Seize ans et déjà la force de se pendre ! ainsi
parle Henri, jeune adolescent à l'existence mélancolique,
ni exaltante, ni vraiment sordide.
De la force, il lui en faut pour regarder son père ne
jamais se remettre du départ de sa mère. Pour
assister au naufrage de son frère, ex petite gloire de
la pub et de la télé qui s'enfonce dans l'alcool
et la drogue, terré dans un mobile home au fond du jardin
familial. Parce que Jeanne, l'amour de sa vie l'a quitté.
Du courage, il ne lui en manque pas non plus pour supporter
le CES " qui te conditionne chaque jour davantage ".
Heureusement il y a les femmes, ou plutôt les filles réelles
ou rêvées. Filles aux noms d'héroïnes
: Hélène, Hortense, Mathilde, surtout Mathilde
sa prof de français, une femme, une vraie qu'il va aimer
comme dans la vraie vie. Est-il amoureux d'elle ou bien de l'amour
et de l'idée qu'il s'en fait ?
Qu'importe la vraisemblance dans ce roman d'initiation ou une
idée triste et brillante se cache derrière quasiment
chaque phrase.
Henri n'a aucune illusion sur le monde des adultes " où
il n'y a jamais de catastrophes, d'accidents, de petits miracles
" et pourtant terriblement envie d'en faire partie. Parce
que rien à ses yeux ne peut-être pire que l'adolescence,
qui ne permet guère plus d'action que les rêves.
Un début prometteur est le contraire d'un roman optimiste,
mais est bouleversant de vérité, de sensibilité.
Comme si son auteur, Nicolas Rey jeune homme médiatique
et gâté, couronné par le Prix de Flore à
28 ans voulait avec ce roman d'apprentissage se défaire
de son étiquette de mondain, trop vite encensé
pour ses ouvrages précédents, intéressants
mais à cent lieux de la profondeur désespérée
d'un " début prometteur ", titre prémonitoire
s'il en est...
Brigit Bontour
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