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En 1284, par un hiver terrifiant où sévissent
" les froidures du diable ", Romée de Haquin,
un évêque est assassiné. A Draguan, dans
ce diocèse du bout du monde près de Toulouse se
développent alors rumeurs, terreurs et superstitions.
En effet ce meurtre fait écho à trois autres crimes
tout aussi mystérieux perpétrés un an plus
tôt à quelques kilomètres de là dans
un village si mystérieux qu'il ne figure même plus
sur aucune carte.
A Heurteloup le village maudit oublié de tous, subsiste
dit-on le virus de la peste. L'église y est en ruines
et les habitants redevenus à l'état sauvage. C'est
dire si personne ne s'y aventure et y courent les légendes
les plus terrifiantes. Personne, sauf un jeune prêtre
obstiné, Henno Guy qui veut ramener les hommes à
la foi chrétienne et comprendre le mystère de
cette contrée rayée de la carte du monde de Dieu
qui au moyen âge se confond avec celle des humains.
Son enquête politico-religieuse l'emmènera jusqu'au
vatican, lui permettra de démontrer comment en ce treizième
siècle les hommes commencent à croire que tout
n'est pas d'origine divine, que la médecine peut sauver
des vies et que les femmes s'initient au pouvoir en l'absence
des hommes partis aux croisades.
Dans ce roman captivant, passent des moines fous et corrompus,
des héros, des figures attendrissantes. Certaines scènes
sont insoutenables de réalisme et d'imagination comme
celle où un moine convoyant le cadavre de l'évêque
va le réduire à l'état de squelette afin
de pouvoir rentrer à Paris sans que l'odeur de décomposition
du corps ne l'en empêche.
Ou encore les scènes de torture infligées au fils
d'un grand du royaume coupable d'avoir dévoyé
la religion par la création d'une secte quasi satanique.
Le premier roman mi-policier, mi-historique de Romain Sardou
que le milieu littéraire attendait au tournant, est une
réussite totale. D'une érudition étonnante,
d'une imagination inouïe, il parvient à conserver
le suspens de bout en bout sans que jamais le lecteur ne se
doute du dénouement.
Brigit Bontour
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