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" Tout avait commencé avec la peur, tout finirait
avec elle " prévient la quatrième de couverture
de " L'empire des loups ", le nouveau roman de Jean-Christophe
Grangé. L'avertissement s'avère d'une grande faiblesse
tant le roman s'envole très vite dans l'horreur la plus
absolue, la barbarie sans nom.
Au début pourtant tout va bien ou presque : Anna une
jeune femme, plutôt BCBG, épouse d'un haut fonctionnaire
souffre d'hallucinations, de pertes de mémoire : elle
reconnaît tout le monde sauf son mari. Alzheimer ou maladie
tout aussi réjouissante pourrait-on penser si on n'était
dans un livre de Grangé. Car naturellement Anna va s'apercevoir
très rapidement que sa propre réalité dépasse
de très loin les pires fictions. Elle se rend compte
qu'elle a subi des opérations de chirurgie esthétique
très lourdes. Mais où, quand, pourquoi : elle
n'en a aucun souvenir. Ces opérations sont d'autant plus
étranges qu'elles ont probablement été
réalisées sous l'égide d'un savant plus
ou moins fou travaillant pour l'armée.
Pendant ce temps, trois jeunes femmes d'origine turques, esclaves
dans des ateliers de couture clandestins sont retrouvées
mortes, atrocement mutilées dans la " Petite Turquie
", surnom donné au dixième arrondissement
de Paris. Un jeune flic, Nerteaux complètement dépassé
par les évènements va alors faire appel à
un vieil inspecteur Schiffer mis à la retraite pour d'obscures
raisons plus que louches. Connaissant le quartier et ses vieux
trafiquants auprès desquels Hitler lui-même ferait
figure de scout, il va réussir à réunir
les deux énigmes dans un maelström hallucinant de
violence, d'érudition et d'imagination.
Tandis qu'Anna retrouve une mémoire qu'elle aurait préféré
oublier à tout jamais, les deux inspecteurs vont démêler
les fils d'une organisation d'extrême droite " Les
loups gris " qui de Paris à Istambul déploie
les pires facettes du mal : de l'esclavage, à l'art du
lavage de cerveau, en passant par des fous se prenant pour Dieu,
dépassés par les créatures qu'ils ont crées.
L'histoire magistralement menée est écrite avec
autant d'élégance que de fulgurance.
Certaines scènes se déroulant au Père Lachaise
ou dans un yali, en principe havre de paix donnant sur le Bosphore
mèlent violence extrême, beauté immémoriale.
Une fois de plus le lecteur reste figé devant le savoir-faire
et la classe de Jean-Christophe Grangé.
Brigit Bontour
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