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Fabuleux
Scott Fitzgerald qui n'était pas et de loin le looser,
l'écrivain raté qu'il s'imaginait être.
Après les succès trop rapides et les années
de gloire, de fête et d'excès, son alcoolisme chronique
et le naufrage de Zelda dans la folie, il écrivait encore
et toujours et c'est à ce moment là qu'il écrivit
même ses plus beaux livres. Son chef d'uvre absolu
Tendre est la nuit date des années noires (1934) où
scénariste parmi d'autres à Hollywood, il n'était
plus rien aux yeux de l'Amérique et se croyait perdu
pour la littérature.
Extraordinaire auteur qui toute sa vie a tenu des carnets aujourd'hui
édits en France. Des notes, des idées, des collages,
tout ce qui lui passait par la tête à un moment
donné est consigné dans ces carnets fabuleusement
drôles quelquefois, graves et visionnaires souvent. Toute
l'inspiration de Fitzgerald est contenue dans ce livre découpé
en différentes parties : descriptions de choses et atmosphères,
conversations, choses entendues, personnages, descriptions de
l'humanité (physique), épigrammes, vannes et plaisanteries
..
Dans appendice : notes en vrac, cette phrase : " Scottie
: discrets comme des sourires ( à propos d'un couple
réservé) ". Ou encore dans le même
chapitre : " les éclats blancs intermittents sur
les jockeys les faisaient ressembler à une nuée
d'oiseaux ". Dans descriptions de choses et atmosphères
: " le son tintinnabulant des garçons de restaurant
" . dans épigrammes, vannes et plaisanteries : "
rien d'autre à faire que de les épouser (les Murphy)
".
. Existe-t-il des phrases plus représentatives
du talent de l'écrivain ?
Pour les fous de Fitzgerald et ceux qui veulent le connaître
un peu mieux, ces carnets sont la surprise de ce début
d'année.
Brigit Bontour
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