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A
mi chemin entre les thrillers de Claude Klotz et les romans
de Patrick Cauvin -deux signatures pour un même écrivain-
le sang des roses, signé de ce dernier est un livre doux-amer.
D'une terrible violence et d'un grand humanisme. Le héros
Max Reiner est à première vue un tendre qui n'aimait
pas les fleurs. Les a découvert grâce à
Agnès qu' Il aime dans la sérénité
de Bellevent, un manoir du Val de Loire.
Puis " derrière la splendeur du masque, il y a l'empire
Reiner ". Une organisation terrible qui exploite la misère
enfantine dans les fabriques de tapis du Pakistan.
Difficile de croire qu'il s'agit du même homme. Et pourtant.
Au bout du monde, Sawendi, un enfant est retrouvé mort
dans les cales d'un bateau pourri qui transporte des tapis.
Reiner se rend aussitôt sur place : quelque chose a failli
dans la belle mécanique bien huilée du trafic.
Jamais les enfants vendus par leurs familles endettées
ne font parler d'eux. Soumis, détruits dans leurs corps
et leurs âmes. Surtout soucieux de ne pas se blesser,
ne pas retarder la marche du travail dans la filature. Car alors
le sang coule et le châtiment est terrible : le surveillant
verse de l'huile bouillante sur la blessure.
C'est ce qui est sur le point d'arriver à Ram, un jeune
garçon aux yeux pétillants d'intelligence, et
à l'humour fou malgré sa vie épouvantable.
Lorsque Reiner surgit et l'emmène : il était un
ami du gamin assassiné et lui raconte ce qu'il sait sur
sa mort.
A partir de là, le roman s'emballe et devient une course
poursuite aussi dangereuse qu'époustouflante pour Reiner
et le gamin, bientôt rejoints par Agnès.
Ensemble, ils vont élucider le mystère de la mort
de Sawendi et confondre des trafiquants encore plus innommables
que les propriétaires de fabriques de tapis.
Il s'agit de tenanciers de bordels où des enfants sont
mis à mort devant des caméras. Pour satisfaire
les amateurs occidentaux de snuff movies.
Patrick Cauvin ne recule devant rien et entraîne ses héros
sur les plus hauts sommets de l'Himalaya. " " le ciel
était vide, même les aigles ne volent pas si haut
".
Dans les bazars les plus improbables des zones tribales. Dans
les cinémas orientaux où
Ram s'émerveille : " c'était merveilleux
le cinéma, ce qu'on voulait qui arrive arrivait. Mieux
que la vie. Le contraire même ". Et il n'en finit
pas de refaire l'histoire du film en la racontant encore et
encore à sa façon.
Mais la promenade à travers le Pakistan n'est pas une
partie de plaisir : les sbires des proxénètes
sont partout et la mort sera au bout de ce chemin qui peut être
aussi charmant que sanglant.
Une belle ambiguïté en tout cas pour un roman vibrant
de tendresse et de terreur.
Brigit
Bontour
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