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Dans la Russie d'après la chute du mur une histoire
rocambolesque où les bons n'ont pas droit de cité.
Quand
l'auteur de la Sibérienne était adolescent dans
le Moscou des années soixante dix, un voisin de palier
a proposé aux Panish un visa pour Israël. A condition
que la famille soit partie avant la fin de la semaine : le généreux
voisin avait besoin de son appartement pour marier sa fille.
Si l'anecdote est vraie, on conçoit sans mal qu'elle
soit à l'origine du roman, le plus noir que l'on ait
eu à lire sur la désintégration Soviétique.
Le héros du livre Andreï, " Le propriétaire
" est un ancien du parti communiste, élevé
à l'étranger et ayant eu dans la première
partie de sa vie pour mission de monter une société
au profit de l'Etat Russe à New York.
Tout va bien jusqu'à ce qu'il comprenne la signification
d'un voyage qu'on lui impose en Sibérie. A partir de
là, il va devenir un vrai mafieux grâce à
l'appui d'un général revenu de tout et surtout
d'Afghanistan, chargé dans un premier temps de le tuer.
Mis à la retraite à quarante ans celui-ci ne peut
qu'adhérer totalement à l'idée d'une association
où il " serait le muscle et Andreï le cerveau
".
Les buts des deux associés sont clairs : rentrer en possession
des sept cent soixante millions de dollars gagnés par
Andreï et restés à New York et s'enrichir
encore plus si possible.
Rien ne fait peur au " propriétaire " : ni
les Tchétchènes armés jusqu'aux dents,
ni la sublime Katerina, plus dangereuse et allumée que
tous les personnages pourtant hauts en couleur du roman. Il
va bâtir une réussite sur des cadavres dans des
domaines aussi variés que le trafic d'armes, de drogue,
de pétrole, de détonateurs nucléaires.
Pourtant la vie d'un mafieux Russe est plus difficile qu'on
ne l'imagine: déclaré persona non grata en Russie,
il ne s'habitue pas à la vie en occident où il
s'achète pourtant une sublime propriété
sur la Côte d'azur. Trop habitué à des manières
expéditives, il ne parvient pas à vivre à
l'occidentale. Son rêve de " Vivre sous la protection
de la loi et même payer des impôts " est définitivement
hors de portée. Alors il trouve refuge sur un yacht qu'il
s'est fait construire selon des plans secrets. Mi Yacht, mi
sous -marin le bateau a été conçu et construit
par des employés qui ont tous trouvé la mort lors
d'un accident d'avion. Ils bénéficiaient d'une
semaine de vacances en Turquie offertes par l'armateur.
Mouillant au large de la côte d'azur, le bateau de rêve
est une base d'ennui et de débauches en tous genres d'où
va s'échapper la jeune Katarina, non sans embarquer au
passage quelques diamants et dollars en espèces dans
un sac à dos d'écolière.
Elle va alors croiser Jim Maguire, un Americain en fuite lui
aussi. Soupçonné de blanchiment d'argent aux Etats-Unis,
après avoir fait fortune en Russie.
A partir de là l'histoire s'accélère dans
des imbroglios plus proches d'un James Bond que d'un thriller
classique. Il s'avère que des policiers Français
sont de mèche avec les mafieux. Que les Russes se livrent
à des carnages comme sur un stand de tir.
Jusqu'à la scène finale se déroulant dans
une salle secrète du bateau d'où personne ne sort
vivant.
Salle nommée Concorde que la mer nettoie après
les " réunions " s'y tenant.
La
Sibérienne est un thriller très noir, parfois
confondant de naïveté avec le yacht qui peut rester
six jours en plongée ou les descriptions des soirées
de la côte d'azur.
Souvent effrayant dans ses analyses de la Russie d'après
la chute du mur, où Panish a vraiment vécu et
travaillé. Les rapports d'une violence inouïe entre
les Nouveaux riches russes sont décrits " de l'intérieur
" et font froid dans le dos.
Dans ce pays qui a explosé en plein vol, Tout le monde
cherche à gagner de l'argent, beaucoup. Le plus possible.
Et s'il n'est pas vraiment surprenant que des dirigeants soient
partie prenante dans cette course à l'argent, il l'est
un peu plus de s'apercevoir que les partenaires les plus fiables
sont ceux qui avaient jadis fait partie du KGB. Plus structurés
et organisés que la mafia proprement dite uniquement
composée de bandits de grand-chemin pour qui la vie d'un
homme vaut à peine le prix de la balle qui l'abattra.
La corruption qui sévit à tous les niveaux de
la société n'est pas une découverte pour
le lecteur, mais la description de ses rouages affole. Car en
définitive tout semble comme sous l'ère Soviétique
partir du Kremlin et y revenir.
Brigit
Bontour
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