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Des suicides de flics qui n'en sont
pas, un chef de la police figure du show business, un inspecteur
tenace et désabusé forment un singulier et attachant
roman.
Un
des plus brillants flics de Minneapolis, Mike Fallon est retrouvé
pendu dans sa chambre.
Un suicide de plus dans une profession qui n'en manque pas
.
Mais ce flic etait un peu spécial : fils d'un des héros
de la profession qui avait laissé ses deux jambes dans
une intervention, il était aussi membre des Affaires
Internes, l'équivalent de l' IGS français.
De plus il s'est pendu tout seul, sans que rien ne soit dérangé
dans sa chambre : le couvre lit sur lequel il aurait pu s'asseoir
un instant avant d'accomplir son geste fatal est aussi lisse
qu'après le passage d'une femme de ménage émérite.
Pourtant sur le miroir, un mot : Désolé qui atteste
d'un suicide, et pire encore la diligence des services de police
qui classe très vite l'affaire comme " accident
auto érotique ".
Cependant une conclusion aussi hâtive ne saurait convenir
à l'inspecteur Kovac et son équipière.
Ils ont déjà une idée, ou plutôt
plusieurs idées sur la personnalité de Fallon
et les raisons qui auraient pu pousser quelqu'un à l'assassiner.
" Les gens passent leur temps à mentir au flics
" pense l'inspecteur. " Pas seulement les voyous,
même les mamies aux cheveux bleus mentent ".
A commencer par le meilleur ami du mort persuadé qu'on
l'a tué, mais ne connaissant rien de sa vie ou des partenaires.
Il sait seulement qu' "Andy était sorti du placard
" et qu'il aurait mieux fait de taire son homosexualité.
C'est un début de piste, mais le tenace inspecteur n'est
pas au bout des mensonges et des chausse-trappes en tous genres.
Le père de Fallon, l'Homme de fer " Mike à
qui la moitié de la police de Minneapolis doit quelque-chose
meurt une semaine après son fils. Accident, encore plus
étrange que le premier. Inconcevable qu'un homme en chaise
roulante ait pu se donner la mort de cette façon.
Pourtant, l'affaire est classée elle aussi : il n'aura
pas supporté la mort de son fils. C'est humain.
" Le monde foisonne de drames sergent " dit la séduisante
et énigmatique Amanda Savard supérieure hiérarchique
du pendu.
Il regorge aussi de pourris, de fric tombé d'Hollywood
pour Ace Wyatt, le chef suprême de la police qui a connu
Fallon, père. Lui a même sauvé la vie vingt
plus tôt, le jour où appelé sur le lieu
d'un drame où une femme venait d'abattre un mari qui
la terrorisait, il avait maintenu son collègue en vie
jusqu'à l'arrivée des secours.
Cet
étrange Wyatt qui mène une fois à la retraite
l'existence dorée d'un présentateur télé
richissime avec son émission " l'Heure du crime
". Escorté partout d'un ange gardien aussi jeune
qu'ambitieux.
Des flics pas clairs, des homophobes, des brutes épaisses
foisonnent dans ce roman où tout tourne autour de ce
sombre drame sans témoin où Mike Fallon perdit
l'usage de ses jambes, mais garda la vie sauve. Meurtre sans
témoin ni souvenirs, à part Wyatt, la femme du
forcené maintenant malade et recluse dans une maison
de repos. Et une jeune fille de dix sept ans à l'époque
dont on a perdu la trace.
Il
faudra encore des morts, des déductions, des interrogations
avant que la boucle soit bouclée. Que des ombres du passé
reparaissent avant de sombrer pour toujours. Ce second roman
de Tami Hoag est parfois comparable aux meilleurs de Patricia
Cornwell, l'hémoglobine en moins. Le suspens est époustouflant
et l'on ne comprend qu'à la dernière page l'implacable
machinerie qui s'est mise en marche pour aboutir à une
conclusion ou des mots mêmes de l'inspecteur " Personne
ne sort grandi ".
Brigit
Bontour
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