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Trois
journalistes, tenant plus des pieds nickelés que de reporters vont réussir
le plus beau ratage de leur vie.
Très
souvent, François Reynaert use du terme “ nouillerie ” dans
son roman. Et c’est peut-être ce que le lecteur en retiendra au final :
une gigantesque “ nouillerie ”, mais tellement drôle.
Dans
ce portrait de mœurs journalistiques, personne n’est épargné : pas
plus le journaliste mûrs pour toutes les embrouilles pour masquer ses défaillances
–et elles sont de taille !- que le lecteur prêt à gober n’importe
quoi.
L’intrigue
est simple : un rédacteur en chef plus préoccupé de son image et de
ses prestations télévisées que de la marche de son journal décide
d’envoyer une équipe dans un improbable pays où il ne se passe rien.
Ceci afin de contrarier le travers journalistique qui consiste à aller
toujours à la rencontre des guerres, des soulèvements, bref de faire son
miel avec les malheurs du monde.
Les
trois journalistes choisis un peu au hasard, et beaucoup contre leur gré,
vont donc se rendre au
Tourdistan : un pays dont personne n’a jamais entendu parler. Une ex
république Soviétique perdue aux confins des pays finissant par “ an ” :
Kazakhstan, Turkhménistan….
Certains
collègues ravis de ne pas être de l’expédition parlent à son sujet de
“ Troudistant ”.
Les
trois élus vont réaliser là-bas le plus beau flop de leur carrière. Sûrs
d’eux, ne comprenant pas un mot de la langue du pays, prenant les
autochtones pour des abrutis finis, ils se méprennent sur la liesse
entourant la victoire du pays à un match de foot et croient dur comme fer
à un violent soulèvement populaire. Ils envoient alors des reportages
sanguinaires relatant la révolution en marche. Se méprenant
jusqu’au bout, ils interprètent par exemple, les cris de victoire des
supporters de l’équipe de foot comme des slogans révolutionnaires.
Le
jour où ils réalisent leur bévue, “ une enclume, une maison, un
immeuble, vient de tomber sur leurs têtes ”.
Mais
le mal est fait. Une délégation parlementaire
Française, désœuvrée et alarmée par cette situation organise un voyage
de presse à la suite des trois reporters de pacotille.
Reynaert
note très justement que “ par nature un voyage de presse,
est au reportage, un peu
ce qu’une semaine tout compris dans un hôtel est
à l’ensemble des expéditions du Docteur Livingstone ” Et
ce voyage dépassera toute espérance
en matière de clichés et de ridicule.
Toutefois,
nos trois amis qui ne se remettent pas de leur erreur, se sentent obligés
d’en rajouter dans le sensationnel et le burlesque.
La
manipulation fonctionne si bien que l’on retrouve un beau matin, le député et ses acolytes
au fond d’un mini bus se mettant à chanter en cœur
“ Channnnnte la vie channnnnnte ”…. Afin de
conjurer un effroyable danger tout aussi imaginaire que le reste. Le
voyage vire très vite à l’épopée scout.
“ Nos
amis les journalistes ” est un voyage au bout du ridicule dont le
monde de la presse ne sort surtout pas indemne. Le livre est d’autant plus
intéressant qu’il est écrit par un journaliste d’expérience reporter
depuis de longues années pour le Nouvel Observateur.
Et
s’il est d’abord un “ roman comique ” comme le précise
l’auteur, il a un certain goût d’authenticité.
Brigit
Bontour.
NOS AMIS LES JOURNALISTES
François
Reynaert
Nil Editions
17 euros
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