Spécial
Festival de Cannes : |
Cette année, une dizaine de films adaptés duvres littéraires étaient présents à Cannes, dont quatre en compétition officielle. Le premier est le nouveau film des frères Coen, inspiré de lOdyssée. Difficile pourtant de parler dadaptation littéraire lorsque les deux frères déjantés dHollywood décident de raconter lévasion de trois forçats, à travers la Louisane profonde des années trente, le tout sur fond de jazz et de comédie! Le générique signale pourtant inspiré de lOdyssée dHomère et à première vue, on retrouve bien la trace de lépopée homérique dans ce film: le personnage principal, interprété par George Clooney, sappelle Ulysse et traverse de nombreuses aventures avec ses fidèles compagnons avant de pouvoir rejoindre sa belle (qui ne sappelle pas Pénélope ). Après des films comme Barton Fink, Fargo, Arizona Junior et The Big Lebowski, les Frères Coen sont toujours attendus avec impatience. Les critiques annoncent une petite déception sur ce dernier film (O, Brother where art thou?) mais on attend de voir!! Rappelons au passage que Barton Fink avait obtenu la Palme dOr à Cannes en 1991. Deuxième adaptation littéraire présentée en compétition au Festival, Les Destinées Sentimentales sont adaptées de la saga de Jacques Chardonne. Au début du siècle, un pasteur mal marié (Charles Berling), issu dune famille protestante fortunée, décide de changer de vie : il quitte sa femme (Isabelle Huppert) pour en épouser une autre (Emmanuelle Béart) et devient chef dentreprise. Le film dure trois heures et il faut bien ça puisque lhistoire se déroule sur trente ans. Ce drame romantique fleuve tranche avec les précédents films dOlivier Assayas, plutôt intimistes (Fin août, début septembre). Egalement en compétition, Estorvo (Embrouille), de Ruy Guerra est ladaptation à lécran dun roman de Chico Buarque. Ruy Guerra est une figure emblématique de la Nouvelle vague brésilienne, il signe là son vingtième long-métrage, une sorte de thriller: un matin, un jeune homme est réveillé par des coups à sa porte, il regarde par le judas et voit un homme quil ne connaît pas. Certain dêtre en danger, il décide de senfuir Quatrième et dernière adaptation littéraire en compétion officielle, le film de James Ivory est tiré dun roman dHenry James, ce qui ne surprend pas quand on sait que le réalisateur est le grand spécialiste des films en costumes (dont quelques belles réussites, comme Chambre avec vue, Maurice, Les vestiges du jour et Retour à Howards End), et que le romancier est sans doute lun des plus adaptés à lécran (récemment on a pu voir Portrait de Femme, LElève et Les ailes de la colombe). James Ivory est un habitué de Cannes, où il a déjà présenté 7 films, le dernier en date, Jefferson in Paris, était en compétition en 1995 et Howards End a obtenu en 1992, le Prix exceptionnel du 45ème anniversaire du Festival. Cette année, il présente donc La Coupe dor (The Golden bowl), lhistoire dun jeune Prince ruiné (Jeremy Northam) qui épouse la fille dun riche collectionneur dart (Nick Nolte) mais reste amoureux de sa maîtresse (Uma Thurman), quil continue de fréquenter. Sa femme découvre la vérité grâce à une coupe dor fêlée Du côté des sélections parallèles, on signalera La Captive de Chantal Akerman, inspiré de la Prisonnière de Proust, avec Stanislas Merhar et Sylvie Testud (Quinzaine des réalisateurs) et Requiem for a dream de Darren Aronofsky (le réalisateur de Pi), adapté du roman de Hubert Selby, Jr. En vrac et en bref: - Dans la section Un certain regard, le fils de Gabriel Garcia Marquez est venu présenter son premier film, joliment titré Ce que je sais d'elle d'un simple regard (Things You Can Tell Just By Looking At Her) - Virginie Despentes est venu à Cannes, en marge du festival, pour vendre ladaptation de son roman Baise-moi au Marché du film - Neil Jordan (Entretien avec un vampire, La fin dune liaison) est venu sur la Croisette, une fois nest pas coutume, avec un court-métrage, Not I. Une petite curiosité puisquil sagit dun monologue de 13 minutes, inspiré de Samuel Beckett, récité par Julianne Moore et filmé en une seule prise! - Dans un film dogma, le danois Kristian Levring raconte lhistoire dun car de touristes qui tombe en panne, ses occupants se retrouvent dans un village fantôme où ils pètent tous un peu les plombs. Afin de soccuper et de canaliser leur colère, ils décident de monter le Roi Lear de Shakespeare Le film sappelle Le Roi est vivant! |