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de Michael Moore Par Lise Wilar |
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J’ai beaucoup aimé les Etats-Unis, les villes qui furent les plus chères à mon cœur sont New York et Istanbul, les deux hommes que j’ai aimés le plus profondément, ceux que j’appelle mes « Tentations » dans la première autobiographie que j’ai écrite, sont un Américain et un Turc. Je ne renie pas mon passé mais je dois dire qu’être allée voir « Bowling for Columbine » a jeté un drôle de coup à mes souvenirs et à mes amours. Heureusement ils ne sont plus et celui que j’appelais « mon prince venu de l’Ouest » n’a pas assisté aux évènements du 11 septembre. Je ne peux ainsi savoir comment il aurait réagi mais je veux seulement espérer qu’il aurait face à ce que l’Amérique est devenue les mêmes sentiments que Michael Moore. [1] J’avais écouté des interviews de Michael Moore après qu’il ait reçu son prix au festival de Cannes. Elles étaient savoureuses et ses propos trop passionnants pour qu’on puisse les oublier. Au cours de l’un d’entre eux que j’ai entendu sur une chaîne américaine mais dont j’avais manqué le début, je ne savais pas qui parlait. Je fus séduite seulement par le bon-sens de l’homme qui s’exprimait et qui paraissait connaître aussi bien les imbroglios de la politique française que ceux de son propre pays. Il a dit le plus clairement du monde que l’homme qui présidait aux destinées des Etats-Unis n’était à ce poste suprême que par la suite de magouilles effectuées par son frère, gouverneur du Texas, et son père, ancien Président des Etats-Unis, qui a manipulé la Cour Suprême de Floride. [2] J’ai alors pensé à tous les intellectuels américains que j’avais nommés dans un de mes Mots…dits et je me suis dit - quand j’ai su qui parlait - que Michael Moore n’était pas le plus mauvais exemple de l’humanisme américain. Voici ce qu’il a écrit le 27 mai 2002 après avoir été primé à Cannes :
Chers Amis Vous vous êtes éveillés avec la nouvelle que la nuit dernière, à Cannes, mon nouveau film « Bowling for Columbine » avait reçu le Prix Spécial du 55ème Festival de Cannes par décision unanime du jury. L’équipe du film et moi-même n’avions jamais fait une telle expérience. Maintenant vous vous demandez sans doute ce qui est arrivé à ce type qui a écrit « Stupid White Men [3] ? » Je sais, on aurait pu penser que j’ai disparu pendant les mois d’Avril et de Mai. Contrairement aux rumeurs sauvages que cette nouvelle a sans doute suscité, je n’ai pas été enlevé par les amis d’Ashcroft pour avoir violé le nouveau « Patriotic Act » (loi patriotique) [4] En vérité, le périple organisé pour présenter mon livre a perdu toute mesure et avant que je ne m’en rende compte j’étais apparu 64 fois dans quarante sept villes différentes quand, le matin de mon anniversaire, j’ai été réveillé par un appel téléphonique de France me demandant si j’autorisais mon film à être montré au Festival de Cannes. Que répondez-vous à un tel appel ? « Hé ! C’est mon anniversaire, que diable ! J’essaie de dormir ! » Je suis tout de même retourné précipitamment à New York pour m’envoler trois heures après vers la France. Je suis à Cannes depuis lors et le directeur du Festival a dit que la « standing ovation » après l’annonce de ma récompense avait duré 13 minutes. En quelques heures, des douzaines de pays avaient acheté les droits de distribution du film à la compagnie canadienne qui le « possède » (oui, les producteurs reçoivent tout le fric et nous… rien de plus qu’un billet d’avion !) … « Bowling for Columbine » est mon regard personnel de l’Amérique à l’aube de ce nouveau siècle. Il n’est pas spécifiquement sur Columbine et certainement pas sur le bowling. Ce que j’ai le plus aimé dans mon speech de remerciement au Festival est : « Ce film est la garantie que George W. Bush ne sera pas réélu. » Après tout, on peut toujours rêver et puis ce n’est qu’un film mais je remercie tout le monde du plus profond de mon cœur.
Si j’ai voulu traduire quelques passages de cette lettre, c’est pour montrer que si Michael Moore a des convictions profondes quant au devenir de son pays, il ne manque jamais d’humour. Ceci dit, il faut peut-être revenir à cette « Columbine » qui n’a malheureusement aucun rapport avec la soubrette à l’esprit vif de la « commedia dell’arte. » « Columbine » est une école américaine sise à Littleton dans le Colorado où deux élèves ont tué en 1999 douze de leurs camarades et un professeur avant de se donner la mort. Pourquoi « Bowling » ? Parce que Eric Harris et Dylan Klebold avant de commettre leur forfait ont joué dans la « bowling alley » proche de l’école, allée fatidique qui sera trois ans plus tard la scène d’un vol et d’un triple homicide. [5] J’ai pour ma part trouvé le documentaire un peu long et répétitif et je voudrais essayer d’en extraire ce que je considère comme les moments les plus exceptionnels de cette expérience : Le début du film pose le problème des armes d’une façon imprévue et typiquement américaine en ce sens qu’il n’est pas possible qu’une telle chose puisse arriver dans un autre pays. Michael Moore arrive à Littleton, se rend à la banque, annonce à la préposée qu’il est membre de La NRA (National Rifle Association : Association des Possesseurs d’Armes à Feu.) A ce titre il demande si le fait d’ouvrir un compte lui permettra de se voir remettre un fusil. La dame lui répond le plus simplement du monde par l’affirmative et lui révèle sans la moindre difficulté que le coffre-fort de la banque comporte cinq cents armes prêtes à être remises aux personnes désireuses d’ouvrir un compte. Elle ne saisit même pas l’humour noir de Michael Moore se permettant de souligner qu’il est tout de même rare de voir une banque tout à la fois organisme public de dépôt d’argent et dépôt d’armes ! Charlton Heston est également un personnage essentiel de cette tragédie. Par deux fois, suite aux catastrophes de Littleton et plus tard de Flint, il est venu sans vergogne et malgré la peine que pouvaient ressentir les familles des victimes faire devant les membres de l’Association l’apologie des armes ou mieux de la possession d’armes qui permet aux « Blancs » américains de se défendre contre les « Blacks ». Je crois que j’avais déjà entendu mentionner quelque part l’appartenance de Charlton Heston à l’extrême-droite bien pensante des Etats-Unis mais je ne le savais pas tellement impliqué. Le troisième moment fort du documentaire est la visite que font le cinéaste et deux garçons blessés lors des évènements de Columbine au siège social du supermarché qui a vendu les balles aux adolescents. Reçus une première fois par une employée qui ne peut prendre aucune initiative, ils vont acheter toutes les balles au « Q. Mart » qui les a vendues et reviennent les bras chargés de leurs emplettes au siège social. Ils sont prêts à y demeurer jusqu’à ce qu’un responsable les reçoivent. Ils sont récompensés (nous le sommes également) quand la responsable fait la promesse solennelle que d’ici quatre vingt dix jours toutes les balles seront définitivement retirées de la vente. Je pourrais également parler de l’entrevue de Michael Moore et du chanteur Marilyn Manson [6] qui a la réputation d’entretenir l’esprit de violence des adolescents, de sa rencontre avec tous les responsables des fabriques d’armes qui, tel le PDG de Nike, se donnent bonne conscience en exploitant les employés sans travail, de sa visite à Charlton Heston lui-même qui, bien à l’abri dans sa résidence de Beverly Hills, protégé par des fusils qui ne lui sont d’aucune utilité, le renvoie après quelques instants d’audience quand il s’aperçoit que Michael Moore, sous couvert de son appartenance à la NRA, est venu au contraire stigmatisé son combat pour les « valeurs » américaines. Je pourrais parler de tout cela mais je ne résoudrais pas plus que le cinéaste lui-même le problème de la violence aux Etats-Unis. Je ne saurais dire pourquoi plus de onze mille personnes sont tuées chaque année aux Etats-Unis alors que le Canada voisin où huit millions de ressortissants sur une population totale de trente possèdent des armes (parce qu’ils sont chasseurs) ne voit tomber qu’une soixantaine de victimes dans le même laps de temps. Je ne saurais dire la raison pour laquelle Charlton Heston prétend que les Etats-Unis ont toujours été obligés de tuer pour assurer leur survie alors que l’Allemagne qui a tué plus que la plupart des Etats de la planète n’a pas plus de deux cents victimes à son palmarès (toujours annuellement.) D’ou provient la violence ? Les réponses sont trop nombreuses pour qu’on puisse choisir l’une d’entre elles plutôt qu’une autre car il ne semble pas que la pratique des armes à feu ait une seule cause dans les évènements de Littleton, de Flint ou de toutes les autres villes où des tentatives meurtrières ont eu lieu. Michael Moore accuse en particulier la présence oppressante des usines d’armements à proximité des petites villes. D’autres observateurs disent que les enfants ou les adolescents n’agissent pas toujours de leur propre volonté. Ils sont amenés à la violence par d’autres facteurs que l’habitude de manier les armes à feu qu’ils ont pu observer chez les adultes. Dans le cas de la tuerie de « Columbine », on a parlé ouvertement d’une drogue nouvelle qu’auraient absorbée les deux garçons avant de commettre leur méfait et, comme on va le voir, de musique violente. En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, 14 ans, l’assassin de trois fillettes, Jessica James, Kayce Steger, Marie Hadley [7] et d’un professeur, (blessant cinq autres personnes) à Paducah dans le Kentucky, la police a découvert qu’il aimait les films obscènes et violents et les jeux. Parmi les films favoris qu’il regardait sur Internet figuraient « Basket Ball Diaries » (Chroniques du Baskett Ball) et « Tueurs Nés », film qui a influencé également les tueurs de Columbine. Dans « Tueurs Nés », la mère est brûlée vive dans son lit après que le père ait été poignardé et noyé. Les enfants qui ont perpétré ces forfaits sont célébrés partout dans le monde. Dans « Basket Ball Diaries », sur fond de heavy metal rock [8] , un jeune garçon pénètre dans une salle de classe et tue plusieurs élèves et un professeur. Michael Carneal était également un passionné de Doom [9] , le jeu extrêmement en vogue aux Etats-Unis qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’armes auparavant , a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles ! Comment puis-je conclure alors sinon dire que Michael Moore est un bon observateur, qu’il a des idées saines à l’égard des princes qui nous gouvernent et de ceux qui les suivent aveuglément, que nous avons raison d’avoir peur quand nous connaissons les intentions belliqueuses de Bush à l’égard de l’Iraq et des autres pays qu’il a l’intention de mettre à l’épreuve des « valeurs » américaines. Oui mais… a-t-il trouvé un remède à la violence des hommes ? A-t-il même trouvé la cause de la violence des hommes ? Je ne le crois pas et si je me range à ses côtés, c’est parce que ses mots sont les plus justes et les plus courageux que j’aie entendus dans la bouche d’un « ami » américain. [10]
[1]
Ancien
ouvrier de General Motors, Michael Moore est devenu la bête noire
des capitalistes américains. Révélé par un prix au Festival de Berlin
pour son premier documentaire semi-autobiographique, « Roger
et Moi » en 1989, il devient le documentaliste N°1 aux Etats-Unis,
le seul capable de tourner en ridicule les grands patrons du monde
capitaliste. Dans « The Big Red One » , il mettait
à jour la manipulation du PDG de Nike qui jouait la carte de l’homme
cool, proche de ses employés américains, tout en infligeant des cadences
de fabrication infernales à ses ouvriers asiatiques dans ses chaînes
de fabrication délocalisées en Extrême-Orient (c’est le Canada qui
a dénoncé le premier cette attitude durant les Jeux Olympiques en
stigmatisant à la fois le PDG et le joueur Mike Jordan qui touchait
sans vergogne des millions de dollars pour faire la publicité des
célèbres baskets pendant que des enfants mouraient de faim même s’ils
travaillaient douze ou quinze heures par jour pour les fabriquer).
Michael Moore est l’auteur d’un unique film de fiction, « Canadian
Bacon ».
[2]
Je
sais qu’on peut dire beaucoup de choses en France au sujet des hommes
d’Etat et des hommes d’affaires dont on conteste les actes (les Guignols
de l’Info ne s’en sont pas privés en ce qui concerne Jacques Chirac
ou Jean-Marie Messier entre autres) mais il y a toujours une bonne
chance pour qu’ils soient poursuivis par la Justice suite à une plainte
pour diffamation. Aux Etats-Unis, malgré l’existence d’une « libel
Law » (loi anti diffamatoire) qui a surtout servi aux stars pour
se protéger contre une atteinte flagrante à leur vie privée, l’un
des amendements les moins discutés de la Constitution américaine est
la liberté de parole. Michael Moore peut être un jour victime d’un
attentat perpétré par un membre de la NRA (National Rifle Association)
mais je ne crois pas qu’il puisse être poursuivi pour son langage
et les attaques qu’il porte contre le Président des Etats-Unis.
[3]
Livre de Michael
Moore qui a été six mois avant la sortie de « Bowling for Columbine »
N° 1 des « best-sellers » américains malgré les difficultés
qu’il eut à sortir en raison des évènements du 11 Septembre. L’auteur
essayait d’y mettre en lumière
pourquoi General Motors, la
principale entreprise de sa région, le Michigan, en avait programmé
la ruine. L’Etat du Michigan est aussi le premier bastion de la National
Rifle Association (NRA), la ligue de défense des armes à feu, qu’anime
avec d’inépuisables ressources de mauvaise foi, de fierté cocardière
et de démagogie l’acteur Charlton Heston. Et c’est à Flint, Michigan,
ville natale du réalisateur, qu’a été battu le record du plus jeune
meurtrier par balle, le jour où un gosse de six ans a flingué à la
maternelle une gamine du même âge. (sources : Le Monde du 18
mai 2002.)
[4]
Loi que l’avocat
général Ashcroft a remise en vigueur pour lutter contre les crimes
pouvant être perpétrés par les étrangers sur le sol des Etats-Unis
(et plus particulièrement pour ceux qu’on pense être des membres d’Al
Q’aïda.) L’Attorney Général est l’homologue de notre Ministre de la
Justice ou Garde des Sceaux. Il représente le Gouvernement Fédéral
dans toutes les matières légales et donne des avis et des opinions
au Président et aux différents ministères quand on le lui demande.
L’Attorney Général représente le Gouvernement devant la Cour Suprême
de Justice des Etats-Unis dans les cas d’une importance ou d’une gravité
exceptionnelle.
[5]
Il faut tout
de même mentionner que si les Etats-Unis sont un modèle en ce qui
concerne la violence, d’autres pays européens ne se font pas faute
de l’imiter. N’oublions pas la France où la tuerie du Conseil Municipal
de Nanterre a fait huit morts le 27 mars, l’Allemagne où un lycéen
de 19 ans a abattu 16 personnes le 26 avril et les Pays-Bas où le
leader de la droite populiste Pim Fortuyn a été assassiné le 6 mai
sans compter la dernière tentative de meurtre dont vient d’être victime
le Maire de Parisz, Bertrand Delanoë.
[6]
Marilyn
Manson est un chanteur de « rock gothique » et de « rock
metal ». Admiré par des millions de jeunes, haï par les « bien
pensants », il porte sur son dernier album le titre de « Church
of Antichrist Superstar » (Superstar de l’Eglise de l’Antechrist. )
Le nom qu’il a choisi (comme d’autres membres de son groupe) est celui
d’un célèbre « serial killer ». Il a pris au contraire comme
prénom Marilyn (en souvenir de Marilyn Monroe) parce qu’il considère
qu’il représente la partie blanche de son être face au côté sombre
qu’évoque son nom, le yin et le yang de sa personnalité en quelque
sorte.
[7]
Les parents des trois fillettes assassinées
ont porté plainte contre les producteurs de ces jeux vidéos et films
sataniques, réclamant 130 millions de dollars de dommages et intérêts.
Leurs avocats font valoir que le film Basketball Diaries représente
une glorification nihiliste de relations sexuelles irresponsables,
de violence insensée et gratuite, haine de la religion, mépris pour
l’autorité, consommation de drogue et autres comportements autodestructeurs,
et qu’il a par conséquent une influence pernicieuse sur des mineurs
impressionnables.
[8]
Le
fils d’amis intimes, un infographiste de talent, est en même temps
l’auteur avec son orchestre amateur de disques de « heavy metal
rock ». Il est, pour autant que je sache, un garçon d’un tempérament
paisible même s’il fait pas mal de bruit dans le garage de ses parents
le samedi soir !
[9]
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une
centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde
plus ou moins à son école. Des enquêteurs du Centre Simon Wiesenthal,
à Los Angeles, ont remarqué qu’il avait incorporé le plan du rez-de-chaussée
du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé
pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible.
Un autre jeu est en cause dans le recours des jeunes à la violence,
c’est le « pokemon » ( « Pokemon »
est l’abrégé de « pocket monster » (monstre de poche). Ces
monstres sont dotés de différents « pouvoirs ». Dans le
« jeu du stade », il y a un grand écran et une vingtaine
d’écrans plus petits où des parents et des enfants jouent comme s’ils
étaient hypnotisés. Chaque joueur peut choisir six « Pokemon »
et quatre techniques de combat.
[10]
Au
moment où je termine ces quelques pages sur la violence vient de tomber
la nouvelle effrayante de l’attentat de Bali, cette île enchanteresse
qui évoque toutes les danseuses que nous avons pu admirer sur les
écrans ou au théâtre, attentat qui a fait parmi les touristes des
centaines de victimes. Il n’a pas encore été revendiqué mais peut-être
Michael Moore pourra-t-il un jour nous offrir un documentaire sur
la violence causée par une lecture erronée du Coran, lecture que n’aurait
jamais voulu faire le Prophète dont les Islamistes se réclament. Voici
encore une des raisons pour lesquelles, si nous sommes à même de décrire
la violence, ses causes sont tellement nombreuses et diverses qu’il
est bien difficile de les déterminer et par conséquent d’y porter
remède.
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