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Le
magazine " Lire ", pour sa nouvelle formule, s'est
offert des chroniqueurs. Parmi eux, Frédéric Beigbeder,
qui termine ainsi sa chronique : " Cette année,
boycottez le Salaud du livre. C'est terrible : vous allez louper
des conférences sinistres, des cocktails glauques avec
des biscuits mous et du mousseux tiède dans des gobelets
en plastique, des conversations avec des ringards collants,
des séances de signatures où la moindre starlette
signe plus qu'un grand poète, des poignées de
mains moites et des compliments arrivistes. Quel dommage d'être
privé de tout ce bonheur parce que vous, vous aimez les
écrivains." L'objet de l'ire de Beigbeder ? Gao
Xingjian, prix Nobel de littérature en 2000, a été
déclaré personae non grata au Salon du livre de
Paris. Les autorités chinoises ne l'aiment pas : "
L'expédition punitive menée contre la culture
traditionnelle chinoise a conduit, au nom de la révolution,
à l'interdiction publique des livres et à leur
destruction par le feu. Depuis cent ans, le nombre des écrivains
fusillés, emprisonnés, contraints à l'exil
ou condamnés aux travaux forcés, est incalculable,
dans des proportions que l'on ne peut comparer avec aucune des
dynasties impériales de toute l'histoire de la Chine
" (discours devant l'académie Nobel). Le prix Nobel
n'était pas au Salon mais il est dans " Lire ".
Il n'y a aucun livre chez lui : " Certains sont cachés
dans des armoires, dans ma chambre. Mais une fois que je les
ai lus, je les abandonne. Je n'ai pas besoin de retrouver une
citation. Et puis, j'ai une bonne mémoire ". Puis
: " C'est une leçon apprise de l'exil que de se
déprendre de tout, même de l'objet-livre ".
Gabriel Matzneff : " Tout vendre. Me désencombrer.
Me déposséder " (" Calamity Gab ").
L.P.
de Savy
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