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Je vais en chaque jour qui vient comme un vieux papier dans le vent
Je passe étranger dans ta rue toujours pleine du bruit des gens
Peut-être irai-je ce matin en traversant le Pont-au-Change
Mener mes rêves de bambou sur le safran des eaux du Gange
Ou les yeux plantés dans le ciel compter les aigles des pampas
Ceux qu'on voit en regardant mieux les pigeons bleus ouvrir les bras
J'irai en sautant pas à pas les bordures des gris trottoirs
De roche en roche jusqu'à l'île où le soleil se noie le soir
Il est des cris de goélands par-dessus les marteaux-piqueurs
Quand sur ma tête nue la pluie bat d'une irlandaise rumeur
Et doucement au boulevard qui sombre dans sa perspective
Je vais en chaque jour qui vient comme une barque à la dérive
Un naufragé qui fait le point sur le sextant de sa mémoire
Ou comme un enfant qui s'endort en se racontant des histoires
Avec des mots
D'autres couleurs
Des noms parmi les bruits des gens
Je passe étranger dans ta rue comme un vieux papier dans le vent.
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