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Venu du théatre à la chanson
au tout début des années soixantes M. Ogeret s'est rapidement
imposé comme un pur produit de l'école classique, (A. Claveau,
Germaine Montéro, J. Douai, Catherine Sauvage, Michèle Arnaud,
Cora Vaucaire...) de l'interprétation des textes de poètes (Aragon,
P.Seghers, L.Bérimont; J.Genet... mis en musique par L.Férré,
J.Ferrat, L..Léonardi, H.Martin..., de chantauteurs célèbres,
Bruant, Ferré, Ferrat ou moins célèbres, J.Vasca, J.E.Deschamps,
J.M.Brua, ou de paroliers qu'on pourrait dire " d'occasion "
comme D.Pantchenko.
On lui doit également la découverte ou redécouverte de chansons
tombées dans un quasi oubli mais faisant à plus d'un titre partie
de l'histoire de la chanson en ce qu'elles sont parfaitement
représentatives de leur époque, de courants sociaux comme l'anarchisme
républicain anticlérical des années 1880/1914 ou les chants
de l'époque révolutionnaire 1789/1800 et plus près de nous ceux
de la Résistance.
Quelle émotion de découvrir ou redécouvrir ce "Gloire au 17°"
"du célèbre Montéhus "...Vous auriez, en tirant sur nous / Assassiné
la république" ou cette "Chanson de Craonne" ramenée des tranchées
de 14/18 par P.V. Couturier " Adieu la vie, adieu l'amour /
Adieu toutes les femmes.."
Son art tient d'abord d'une parfaite et rare connaissance/intelligence
et d'un immense respect des textes ce qui, sans aucun doute,
lui permet une interprétation d'une extrême sobriété, les laissant,
pour ainsi dire, prendre eux-mêmes leur envol. Mais qui plus
est, servi par une voix à large tessiture, un léger vibrato
naturel, son chant est juste qui se fait rencontrer exactement
paroles et mélodies. Alors, sans effets ni fioritures inutiles,
sans pathos racoleur, douleur, révolte, compassion, amour, plaisir,
colère, désir, désespoir. sont exprimés dans toute leur force,
toute leur réalité.
C'est peut-être dans l'interprétation de l'intégrale du "Condamné
à mort" de Jean Genet, sur une magnifique musique d'Hélène Martin
que Marc Ogeret s'est fait interprète " par excellence ". Ce
poème, sans doute un des plus beau poème d'amour de la langue
française mais l'un des plus complexes, malgré l'apparente simplicité
de sa forme, par la crudité du langage, la tension interne des
rythmes, la violence/tendresse qui y est exprimée, Marc Ogeret
nous ne le restitue dans l'exacte lumière de la tragédie humaine.
Oui, Marc Ogeret est interprète par excellence, celui qui permet
aux textes de se mettre eux mêmes à chanter.
N'est-ce pas le rêve de tout auteur ?
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