| Et puis ? par Marie Bataille |
La nuit mord au corbeau la plume de ses fièvres Quand dorment aux hameaux les hommes déplumés. La télé donne un goût d'images au café Dans nos petits matins tâtonnant les repères. On se cramponne au bol où tangue la lisière. On rêve qu'on est homme, on valse en dérivé, On est comme un trottoir cousu d'orgies privées Et l'on erre en mourant dans sa propre rivière. La fenêtre est fermée encore, sa paupière Est rivée aux mots insensés qu'on murmurait A l'oreille étourdie déjà qui s'endormait C'était un bruit de fond nos mots vont à l'ornière De tous nos chemins creux. Qu'on avance la bière A boire et à mourir : de l'hiver à l'été C'est du pareil au même : on a beau s'entêter Le jour n'est jamais si mort qu'à l'aube dernière. |
Marie Bataille |