
Bruno
Ruiz c'est le rémouleur du sentiment.
Il aiguise les lames de nos soutes, ces morceaux de vie
que nous traînons masqués, mais qui sont là quand
même au fond du bric à brac.
Est-ce sa voix
de terre brûlée, son appartenance aux" rouges
du fond", ses mots qui rebondissent, utilisant le
doux pour faire briller le scalpel qui me bouleversent
?
Je ne sais pas, je constate qu'il campe sur mon lecteur
de C.D, et que mes larmes montent souvent, que l'esthétisme
est rutilant quand ses mots et ses émotions sont à tout
le monde.
Ses chansons habitent chez moi, glissent dans le jardin,
me parlent de souvenirs et d'avenir, d'humanité et
d'utopie.
Ruiz, il est dans l'émotion qui vibre, dans une écriture
sculptée, sur le piano de Bréhéret aux notes
indiscutables sans fioritures de verroteries.
Les seize chansons de "Si" sont comme un crescendo
aboutissant forcément, et c'est voulu,au titre de
l'album.
"Dans la rue familière
La vie me prend le pouls
Comme un rythme qui s'offre
Un danseur immobile"
Ce
danseur immobile c'est Ruiz, séducteur tendu
dans la lumière du spectacle
"je
reviens de loin
avec mes erreurs
De faux musicien
De triste chanteur
Je fus un marin
Venu d'un désert
J'ai pris des chemins
Parfois pour vous plaire"
Pour
nous plaire c'est vrai, et je l'aime parce qu'on ne peut
qu'aimer cet homme-chanteur
de verbe et de corps.
On peut roder des heures autour de ses chansons, redécouvrir
des émotions enfouies, l'écouter casque aux
oreilles, ou en faisant la vaisselle, on est toujours dedans,
les fenêtres sont ouvertes.
De ces chanteurs qui chantent debout , on n'en débusque
pas souvent. De l'écriture et du lyrisme il ne
m'en reste vraiment que cinq à la volée.
Vasca, Bertin ( chanteur debout chantant assis ) Desjardins
, Leprest et Bruno Ruiz.
Ils pourraient s'asseoir à une table ronde, ils
pourraient parler, on prendrait des photos et puis on
en ferait des posters qu'on vendrait au marché.
Rob
Le
site de Bruno Ruiz