![]() Pêcheur de corail Le farais est fin prêt à pêcher le corail Il est baigné des larmes d'un baptême languissant Où s'y traîne un désir où suinte le sang Sont autant de blessures sous la lune ses mailles Tes fonds corallifères se bercent doucement Du rêve de la plante et des ondes marines Ces squelettes calcaires fines rames tapinent Cicatrisant leurs plaies couturières du temps Les écueils disparaissent tout près de leur passage Et naissent à leur place des récifs envieux Qui rougissent la nuit mélancolie des yeux Jusqu'au jour apaisant découvrant leur rivage Dans l'écrin de ton coeur tu gardes ses colliers Tes lèvres et tes mains sont de même couleur Elles se tendent en filet pour attraper ces fleurs Qui dans le petit jour se couvrent de rosée La coralière se meurt avec son gouvernail Et l'homme seul armé dans le pays qu'elle sait De son souffle de vie en plongeant le cueillait Ma chaloupe a vogué sur ta mer de corail |
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Bernard Flucha
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