La vie

C'est la danse dansée un peu pour le principe
Qui s'invente des pas des mesures des nippes
C'est le rideau levé sur le coeur sur le corps
Applaudi mille fois dans le froid qui se tord

C'est un espoir conquis au bout de tes cimaises
Infini de ses courbes sur un flanc de falaise

C'est de la mer qui doute dans le fond de ses plages
Qui prendrait une route en fond de paysage

C'est une clef de sol portée sur ta musique
Qui chante en voix de tête un refrain laconique
C'est la belle équation dont tu es l'inconnue
Qui se cherche des X un système un vécu


C'est une vague blême importée d'Outre-mer
Qui déferle ses rocs transformés de la terre
C'est une corde abstraite emportée sur une Île
Décrochée de la mer au printemps de tes cils

C'est le vent emporté c'est une girouette
Qui regarde le sud qui souffle dans la tête

C'est la barque radieuse qui cherche sa maison
Engloutie par les eaux qui montent des bas-fonds

C'est la voix parfumée des sourires complices
Un regard qui se tait empreint de sacrifices
C'est toute une rivière qui monte de la ville
Comme une catastrophe oubliée de son Île


C'est l'été c'est l'hiver qui jouait les feuilles mortes
En un vent balayé aux frontières des portes
C'est l'automne entassé dans le creux de tes reins
Saison morne effacée qui attend son sapin

C'est toutes ces années d'un présent quotidien
Animées d'un futur qui trépasse au matin

C'est ta gorge en allée c'est le sang que tu touches
Comme un cri espéré aux lèvres de ta bouche

C'est la gomme-habitude qui efface le temps
Tendresse déjouée qui cache ses printemps
C'est un rayon clairet sur un tissu de Parme
Où s'y trament tes doigts comme un chagrin du charme

 
 
Bernard Flucha
 
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